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Academy of Science Fiction, Fantasy & Horror Films |
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Année | Gagnant
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meilleur film d'action | 2007 |
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BAFTA |
catégorie |
Année | Gagnant
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Meilleur son | 2007 | Chris Munro, Eddy Joseph, Mike Prestwood Smith, Martin Cantwell, Mark Taylor |
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Academy of Science Fiction, Fantasy & Horror Films |
catégorie |
Année | Gagnant
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meilleur acteur | 2007 | Daniel Craig |
meilleure musique | 2007 | David Arnold |
meilleure actrice dans un second rôle | 2007 | Eva Green |
meilleur scénario | 2007 | Neal Purvis, Robert Wade et Paul Haggis |
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BAFTA |
catégorie |
Année | Gagnant
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Meilleur film | 2007 | Michael G. Wilson, Barbara Broccoli, Martin Campbell, Neal Purvis, Robert Wade, Paul Haggis |
Meilleure musique | 2007 | David Arnold |
Meilleurs effets visuels | 2007 | Steven Begg, Chris Corbould, John Paul Docherty, Ditch Doy |
Meilleur acteur | 2007 | Daniel Craig |
Meilleure photographie | 2007 | Phil Meheux |
Meilleure montage | 2007 | Stuart Baird |
Meilleurs décors | 2007 | Peter Lamont, Simon Wakefield |
Meilleur scénario adapté | 2007 | Neal Purvis, Robert Wade, Paul Haggis |
![]() Pierce Brosnan ayant décidé d'arrêter de tenir le rôle de James Bond, il fallait trouver un remplaçant pour incarner le plus célèbre agent secret du Septième Art. Fallait-il choisir un acteur à la notoriété déjà acquise, comme se fut le cas avec Roger Moore en 1973 pour la sortie de Vivre et laisser mourir, ou bien un acteur totalement inconnu comme George Lazenby en 1969 pour Au service Secret de sa majesté, ou bien entendu Sean Connery à la sortie de James Bond 007 contre le docteur No? Ou alors un acteur connu, mais non starifié, comme Pierce Brosnan en 1995 avec Goldeneye? Plusieurs noms sont cités. Parmi eux, Clive Owen, Goran Visnjic, Julian McMahon, Henry Cavill et même Ewan McGregor. Finalement ce sera le britannique (et blond!) Daniel Craig qui obtiendra le rôle tant convoité. Le jeune acteur (il est l'acteur ayant obtenu le rôle de l'agent 007 le plus jeune, à seulement 37 ans) se prépare physiquement au rôle, prenant 10 kilos pour l'occasion, à l'instar d'un Christian Bale pour son Batman Begins. Le physique de l'acteur britannique n'est pas sans rappeler celui du premier James Bond de la franchise, Sean Connery, aussi bien d'un point de vue musculature, que démarche, charisme animal, ou bien encore dégagement de testostérone. L'acteur choisi, reste à trouver un scénario. Le fait est que depuis quelques années, la franchise s'essouffle. Il est temps de lui donner un coup de neuf, et le changement d'acteur est le moment idéal. Les producteurs choisissent donc de revenir à la genèse de l'agent 007, surtout que le premier roman des aventures de James Bond, d'Ian Flemming, est enfin entre les mains des producteurs, après des années de procès. En effet, les droits appartenaient à d'autres, qui en avaient tournés deux versions, la première en 1954, et la seconde en 1967 (celle-ci sous forme de parodie). Casino Royale est donc le troisième film mettant en scène James Bond dans son combat contre le Chiffre (interprété par Peter Lorre dans la première version et par Orson Welles dans la seconde). Et pourtant, le format n'est pas idéal pour le cinéma, puisqu'il s'agit d'une nouvelle. Mais cette nouvelle a un tel potentiel qu'elle a toujours attiré les producteurs. Avantage de ce retour aux sources, cela permet de remettre totalement James Bond au goût du jour, en le rendant à la fois plus humain et plus dur, sorte de machine à tuer ayant des émotions. Emotions qui disparaitront à la suite du film, Martin Campbell, le réalisateur, ayant 2h20 pour nous montrer les raisons de ce revirement. ![]() ![]() Il est donc décidé de ne pas faire appel au célèbre leitmotiv musical, thème ultra connu de James Bond, dans ce nouvel opus avant la toute fin du film, afin de bien faire comprendre au spectateur qu'il a réellement affaire à un tout nouveau James Bond. Le film commence d'ailleurs en noir et blanc, montrant bien, et ce dès les premières images, que le but n'est pas de faire un énième film de la franchise 007, ni même un simple film d'action, mais que James bond entre dans la phase de la maturité (paradoxal alors que l'on parle de retour en arrière), et qu'il compte entrer dans la cour des grands films d'espionnage, transcendant le mythe pour mieux le recréer. Ainsi, de nombreuses différences notables avec les 20 films précédents de la franchise sont visibles. Tout d'abord, c'est le seul film où l'agent 007 saigne (habituellement, même son costume s'en sort sans un anicroche), les accès de violence sont d'ailleurs nombreux dans ce film, rappelant les films d'espionnage des années 70. Plus accessoirement, c'est aussi le premier film de la franchise officielle à montrer Felix Leiter, l'agent de la C.I.A. et ami de 007, en afro-américain. Un afro-américain avait déjà incarné Leiter, mais uniquement dans le semi-parodique Jamais plus jamais, avec Sean Connery. Enfin, symbole fort de la non toute puissance de l'agent secret, Casino Royale est le premier film où la grand méchant du film, le Chiffre, n'est as tué des mains de l'agent secret. Là encore, cela rend le héros plus humain mais paradoxalement rend le film plus fort. Dans ce film James Bond n'affronte pas de super vilains voulant détruire le monde (Moonraker, l'espion qui m'aimait, ...), ou renverser le pouvoir mondial à son avantage (Goldfinger, Demain ne meurt jamais, ...), mais tout simplement un retour à son vrai métier, l'espionnage. De ce côté là, ce film se rapproche beaucoup de l'un des tous meilleurs films de la série, Bons baisers de Russie. Les deux films se terminent d'ailleurs à Venise, même si le film de Terence Young se veut beaucoup plus optimiste que Casino Royale. Même si Casino Royale n'est pas le premier James Bond ou le héros se fait torturer (dans les deux précédents opus, le monde ne suffit pas et meurs un autre jour, 007 subissait déjà quelques séances de passage à tabac), mais ce dernier film de la saga va beaucoup plus loin que les autres. C'est même sans comparaison, la séquence où il se fait torturer est même l'un des plus cruelles du genre (elle est à l'identique de la version de Ian Flemming). C'est aussi le seul James Bond qui voit le héros mourir (même s'il ressuscite par la suite). On avait déjà pu voir l'agent 007 feindre la mort dans les précédents films, d'On ne vit que deux fois à Bons baisers de Russie, mais jamais il n'avait jusqu'à présent réellement passé l'arme à gauche. Tandis qu'il est sauvé par une femme de la mort (Eva Green), 007 n'est pas capable de sauver les femmes de la mort. En effet, dans Casino Royale, toutes les James Bond Girls meurent, et 007 n'arrive jamais à les sauver. Même si ce n'est pas la première fois qu'une James Bond Girl meure, ce film est catastrophique pour ces dernières. Le pire de tous, Bond arrivant d'habitude toujours à finir avec une fille, en dehors d'Au Service secret de sa majesté, ou la femme de Bond meurt assassinée. ![]() Tout Bond qui se respecte doit remplir son quota de luxe, belles filles, de voitures de sport, et de gadgets. Même si Q n'est pas présent dans le film (la première fois depuis Vivre et laisser mourir, en 1973), et que Bond n'utilise pratiquement aucun gadget, ces derniers sont tout de même présents dans le film (un implant dans le bras, les caches de son Aston Martin). Le quota de gadgets est donc respecté. En ce qui concerne les voitures, Daniel Craig est gâté. Même s'il commence mal, au volant d'une simple Ford Mondeo, il s'en sort beaucoup mieux par la suite. Tout d'abord en gagnant au jeu une Aston Martin DB5 (le même modèle qu'on a pu voir dans Goldfinger et Opération tonnerre). Puis, lorsque le MI6 lui confie une toute récente Aston Martin DBS. Cette dernière finira mal, Bond étant un spécialiste pour casser les Aston Martin. A noter que toutes les voitures de Bond appartiennent au groupe Ford, ce qui n'est pas un hasard, les constructeurs de voiture monnayant cher leur présence à l'écran dans un Bond. Même si dans ce film les marques sont (presque) discrètes, elles n'en sont pas moins omniprésentes. Côté luxe, là encore, ce Bond ne fait pas exception, Bond s'habillant en prêt à porter de luxe, brassant de l'argent comme jamais, et logeant dans les plus beaux palaces du monde. Restent les James Bond Girls. Seulement deux filles à son palmarès, on est loin des records atteints sous Roger Moore. Mais les deux filles (Eva Green et Caterina Murino) sont sublimes. La James Bond Girl principale du film est française, même si son nom ne le laisse pas deviner. Elle n'est pas la première James Bond Girl française; avant elle, on avait pu voir Claudine Auger en 1965 dans Opération tonnerre (premier rôle féminin du film), Corinne Clery dans Moonraker en 1979, Carole Bouquet en 1981 dans rien que pour vos yeux (là encore dans le premier rôle), et Sophie Marceau en 1999 dans le Monde ne suffit pas. De nombreuses actrices avaient postulé pour le rôle de Vesper Lynd, tenu par Eva Green, comme Naomi Watts (King Kong), Charlize Theron (Monster), Angelina Jolie (Lara Croft: Tomb Raider), Caterina Murino (qui a finalement obtenu celui de Solange), Natasha Henstridge (La mutante), Jessica Simpson (shérif fais-moi peur), ou bien encore Scarlett Johansson (Le Prestige). Bref, que du beau monde, au propre comme au figuré. Tandis que le premier James Bond de la franchise, James Bond 007 contre le docteur No, voyait sortir des eaux, telle une sirène, la sculpturale Ursula Andress, dans Casino Royale c'est Daniel Craig qui a le droit à la scène de la sortie du bain, inversant ainsi le mythe de la femme objet, et transformant James Bond en véritable sexe symbole. Enfin, on comprend en voyant son corps de rêve pourquoi les femmes sont toutes folles de lui. James Bond, pur objet sexuel? Absolument! ![]() ![]() Si vous avez aimé Casino Royale, vous aimerez aussi:
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Le changement d'acteur dans le rôle de James Bond a non seulement permis de relancer une franchise au bord de l'essoufflement, mais a réussi
l'exploit de proposer au spectateur l'un des tous meilleurs films d'espionnage jamais tournés.
Un grand bravo à Martin Campbell que l'on n'attendait pas aussi bon, et à Daniel Craig que l'on n'attendait pas aussi Bond. Depuis Sean Connery, aucun 007 n'avait autant dégagé de sex-appeal, transpirant la testostérone par tous les pores de la peau. Daniel Craig EST James Bond, la franchise est relancée. Elle est même passée à l'âge adulte. Longue vie à l'agent secret 007. |