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Au service secret de sa majesté

Affiche du film


titre original

On her majesty's secret service

Synopsis

L'agent secret James Bond est appelé à la rescousse pour mettre un terme aux malversations de Blofeld. Ce dernier tente de mettre au point un virus qui mettrait un terme à toute vie végétale sur la planète.

Genre

Espionnage

Année de production

1969

Angleterre

Date de sortie en France

12 décembre 1969

Réalisateur

Peter Hunt

John Glen


Musique

John Barry

Casting

Acteur
Photo
Rôle
George Lazenby
George Lazenby James Bond 007
Diana Rigg
Diana Rigg Tracy di Vincenzo
Telly Savalas
Telly Savalas Ernst Stavro Blofeld
Ilse Steppat
Ilse Steppat Irma Bunt
Gabriele Ferzetti
Gabriele Ferzetti Marc Ange Draco
Bernard Lee
Bernard Lee M
Lois Maxwell
Lois Maxwell Miss Moneypenny
Angela Scoular
Angela Scoular Ruby Bartlett
Desmond Llewelyn
Desmond Llewelyn Q
Virginia North
Virginia North Olympe
Joanna Lumley
Joanna Lumley la fille anglaise
Robert Rietty
Robert Rietty Le croupier au casino
George Leech
George Leech Le skieur du SPECTRE étranglé

 

Nominations

Golden Globe Golden Globes
catégorie
Année
Gagnant
Meilleur espoir masculin1970George Lazenby

 

Critique du Film

Note :

L'Aston Martin DBS de James Bond dans Au service secret de sa majesté   Tracy Di Vicenzo (Diana Rigg)

James Bond in love

Sean Connery ayant annoncé qu'il ne reprendra pas le rôle de l'agent secret 007 (même si dans la réalité des faits il enfilera de nouveau le costume de James Bond à deux reprises, dans Les diamants sont éternels et dans jamais plus jamais), les producteurs se devaient de lui trouver un remplaçant. Un long casting est donc mis en place. Passeront ainsi ce casting de nombreux acteurs, dont deux futurs James Bond, Roger Moore et Timothy Dalton. Les deux refuseront cependant le rôle, le premier à cause de son emploi du temps (il était alors engagé sur la série le Saint), le second car il était alors trop jeune pour le rôle. Le choix se porte finalement sur un inconnu, George Lazenby, qui n'avait jusque là participé qu'à une ou deux campagnes de publicité. Australien de naissance (il est le seul acteur à avoir endossé le costume de l'agent secret à ne pas être originaire de Grande-Bretagne), l'homme dégage énormément de charisme, et cerise sur le gâteau, correspond physiquement parfaitement à l'image que le public se fait de James Bond. Seul son accent australien dérange quelque peu. Mais, après tout, pourquoi pas...
Décidé à tourner Au service secret de sa majesté, d'après Ian Flemming, les producteurs se doivent donc de trouver l'actrice qui jouera Teresa, la future madame Bond. L'actrice doit impérativement avoir quelque chose que les autres n'ont pas, pour expliquer pourquoi 007 en tombe amoureux. Les producteurs pensent à deux actrices françaises (Teresa vit en effet en France dans l'histoire): Tout d'abord, le sexe symbole absolu des années 60, Brigitte Bardot. Et en second choix Catherine Deneuve. Aucune des deux n'a cependant voulu apparaître dans le film. Détail amusant, Brigitte Bardot a refusé pour aller jouer avec l'ancien James Bond, Sean Connery, dans le western Shalako. Ce sera finalement Diana Rigg, l'inoubliable Emma Peel de la mythique série Chapeau melon et bottes de cuir qui sera retenue. Alors au fait de sa gloire, l'actrice britannique ferra parfaitement l'affaire pour le rôle. De façon ironique, une future partenaire de John Steed aura le droit à sa première apparition à l'écran dans au service secret de sa majesté, il s'agit de la belle Joanna Lumley. Ce n'est pas la première fois qu'une partenaire de Patrick McNee devient James Bond Girl, puisque Honor Blackman avait déjà eu cet honneur dans Goldfinger. La boucle sera bouclée lorsque Sir Patrick McNee fera une apparition dans la franchise Bond, dans Dangereusement Votre, cette fois-ci avec Roger Moore dans le rôle de 007.
Pour le grand retour de Blofeld, ce sera l'acteur américain Telly Savalas qui sera retenu, après Donald Pleasance dans On ne vit que deux fois. Le fait de suivre le roman d'Ian Flemming pratiquement à la lettre posera d'ailleurs un problème de continuité, puisque l'agent 007 et le chef du SPECTRE se sont déjà affrontés en face à face dans le précédent film de la franchise. L'adaptation du roman a eu tellement de mal à se faire que les producteurs se font une raison de cette incohérence. Si le film est suffisamment bon, le spectateur oubliera ce problème.
Pour la réalisation, c'est Peter Hunt qui est retenu. Même s'il s'agit de sa première réalisation, l'homme connait bien la saga, puisqu'il était monteur sur James Bond contre le docteur No, Goldfinger et Opération Tonnerre. Officiellement réalisateur de seconde équipe, John Glen fera bien plus que cela, certains prétendant même qu'il est le véritable réalisateur du film Au service secret de Sa Majesté.


L'antre de Blofeld dans Au service secret de sa majesté   007 (George Lazenby)

Film le plus long de la saga jusqu'à la sortie de Casino Royale, il faut dire que le film Au service secret de Sa Majesté a des choses à raconter. Entre la rencontre de 007 avec sa future femme, sa traque du chef du SPECTRE, puis son combat contre l'organisation du crime pour empêcher la fin du monde, ainsi que son mariage et sa tragique conclusion, le film est riche en événements. L'un des plus riches peut-être. Il sera d'ailleurs souvent fait référence à ce film dans les opus suivants, en particulier ceux avec Roger Moore. Le film suivant, Les diamants sont éternels, sera d'ailleurs le seul à nier ce qui s'est passé dans Au service secret de Sa Majesté, puisqu'il n'est pas fait référence à la mort de Tracy, ni à l'accident de Blofeld. Ce n'était pas prévu de cette façon à l'origine, puisque l'assassinat de Tracy par Blofeld devait avoir lieu au tout début des diamants sont éternels. Etant donné que George Lazenby avait déclaré dès la mise en chantier d'Au service secret de Sa Majesté qu'il ne reprendrait pas son rôle de 007, il a été décidé de clore le film sur cette scène, sans aucun doute la plus émouvante de toute la saga. Et par esprit de "vengeance", d'en faire abstraction dans la suite.
Le film se termine par la mort de Tracy, assassinée alors qu'elle avait retrouvé goût à la vie dans les bras de James Bond. Sa mort est d'autant plus forte que le film commence sur la tentative de suicide de celle-ci, sauvée des eaux par le même 007. Le film, plus que celui de Bond, serait-il celui de Teresa? Peut-être.
Il n'empêche que tout comme dans James Bond contre le docteur No, le film nous montre, et ce dès le début du film, l'agent 007 au Casino, marquant bien par là la continuité de la saga. George Lazenby jouera même avec le public (la seule fois de toute la saga où l'on prend du recul vis à vis du film) en disant:
"Ça ne serait pas arrivé à l'autre".
Il faut dire qu'il s'agit du premier James Bond sans Sean Connery, et la peur est grande que le public n'accroche pas au nouveau visage de l'agent secret. Il faut donc désamorcer par l'humour les craintes des producteurs et chercher à se mettre le public dans la poche.
Autre façon de minimiser le changement d'acteur: la physionomie et le jeu. George Lazenby est donc maquillé et coiffé pour ressembler à Sean Connery, et il lui est demandé de prendre les mimiques de l'acteur.
Sur le coup, cela mettra le public en terrain connu, mais aura aussi comme conséquence de faire dire au public que George Lazenby n'apportait rien de nouveau au personnage. Ajoutons à cela des problèmes entre le producteur et l'acteur principal, et on comprend pourquoi ce fut le seul James bond de l'acteur australien.
Dernier moyen utilisé pour faire le lien avec les anciens épisodes, l'utilisation d'objets venant des anciens épisodes de la franchise. Les artefacts les plus remarquables étant les gadgets, se seront ceux-ci que James Bond exhibera dans une scène où il pense démissionner du MI6. Chaque gadget de Q sera accompagné de la musique du film dont il est tiré. Cela permet aussi bien de faire le lien entre tous les épisodes, que faire un clin d'oeil au public et lui rafraichir la mémoire. Une initiative qui fonctionne bien dans le film.

Blofeld (Telly Savalas) et James Bond (George Lazenby)

Le film arrive très intelligemment à glisser des références pour le cinéphile averti, comme ceux déjà abordés. Autre référence, on voit dans le film James Bond lire Playboy. En dehors de bien rappeler à qui a bien pu oublier que l'agent secret aime les femmes plus que de raison, c'est surtout une façon subtile de souligner que le roman homonyme d'Ian Flemming était initialement sorti dans cette fameuse revue.
Le blason de la famille Bond, "Orbis non sufficit", sera utilisé quelques années plus tard comme titre d'un film de la saga. Ce sera le monde ne suffit pas. Comme quoi Au service secret de sa majesté aussi servira de référence aux autres films de la franchise.
Mais malgré toutes ses références, le film ne perd pas de vue l'essentiel: l'histoire. Et comme il s'agit d'un James Bond: l'action. Au Service secret de sa majesté s'offre même le luxe d'offrir au spectateur l'un des plus longues courses poursuites de l'histoire du cinéma d'action. Celle-ci commence à ski, pour se continuer à voiture, et se terminer de nouveau à ski. Les scènes de ski sont d'ailleurs parmi les plus belles jamais tournées au cinéma. Il s'agit de la première fois que l'agent secret prouve ses talents de skieurs, mais pas la dernière, puisqu'on reverra souvent 007 sans une situation identique (dans L'espion qui m'aimait par exemple, autre grande poursuite à ski bondienne).

Une très grande réussite que ce film.

James Bond (George Lazenby) très bien entouré


   
 


Conclusion

Au service secret de sa majesté, un mariage qui tourne mal

Ce film est un petit peu le film maudit de la franchise Bond. Relativement peu aimé par les fans, il est pourtant l'un des tous meilleurs épisodes de la saga. George Lazenby fait un agent de sa très gracieuse Majesté tout à fait convainquant et le réalisateur Peter Hunt (dont c'est le premier film) s'en sort haut la main (avec l'aide de John Glen, réalisateur de la seconde équipe mais d'une importance capitale sur ce film).
Le scénario est l'un des plus brillants de la série, et le film arrive même à faire naître l'émotion du spectateur, chose plutôt rare dans un film de ce genre pour être noté.
Seul défaut visible de ce film, son ancrage très marqué dans son époque, la fin des années 60, qui rend le film légèrement daté, et ce contrairement à d'autres James Bond de la même époque, comme par exemple Goldfinger. Mais heureusement, cela ne nuit pas au plaisir que l'on a à voir le film.

L'un des tous meilleurs 007. ni plus, ni moins!

007 (George Lazenby)


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