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Academy of Science Fiction, Fantasy & Horror Films |
catégorie |
Année | Gagnant
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Meilleurs effets visuels | 1984 | Richard Edlund, Dennis Muren, Ken Ralston |
Meilleur film de science-fiction | 1984 | |
Meilleurs maquillages | 1984 | Phil Tippett et Stuart Freeborn |
Meilleurs costumes | 1984 | Aggie Guerard Rodgers et Nilo Rodis-Jamero |
Meilleur acteur | 1984 | Mark Hamill |
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BAFTA |
catégorie |
Année | Gagnant
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meilleurs effets visuels | 1984 | Richard Edlund, Dennis Muren, Ken Ralston, Kit West |
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Oscars |
catégorie |
Année | Gagnant
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Special Achievement Award | 1984 | Richard Edlund, Dennis Muren, Ken Ralston, Phil Tippett pour les effets visuels |
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Academy of Science Fiction, Fantasy & Horror Films |
catégorie |
Année | Gagnant
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Meilleur scénario | 1984 | Lawrence Kasdan et George Lucas |
Meilleur acteur dans un second rôle | 1984 | Billy Dee Williams |
Meilleure musique | 1984 | John Williams |
Meilleur réalisateur | 1984 | Richard Marquand |
Meilleure actrice | 1984 | Carrie Fisher |
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BAFTA |
catégorie |
Année | Gagnant
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Meilleurs maquillages | 1984 | Phil Tippett et Stuart Freeborn |
Meilleurs décors | 1984 | Norman Reynolds |
Meilleur son | 1984 | Ben Burtt, Tony Dawe, Gary Summers |
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Grammy Awards |
catégorie |
Année | Gagnant
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Meilleure musique | 1984 | John Williams |
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Oscars |
catégorie |
Année | Gagnant
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Meilleurs décors | 1984 | Norman Reynolds, Fred Hole, James L. Schoppe, Michael Ford |
Meilleurs effets sonores | 1984 | Ben Burtt |
Meilleure musique | 1984 | John Williams |
Meilleur son | 1984 | Ben Burtt, Gary Summers, Randy Thom, Tony Dawe |
![]() ![]() L'Empire contre-attaque se terminait sur une révélation de taille, le lien de paternité entre Luke et Dark Vador. La nouvelle, pour de très nombreux fans, et en particulier les plus jeunes, était impossible à accepter. Ce qui tracassa suffisamment George Lucas pour qu'il se pose la question très tôt de savoir comment faire accepter comme un fait indéniable cette information. Le scénario du Retour du Jedi devra donc répondre de façon indiscutable sur ce point. Le casting au complet ayant donné son accord pour revenir dans le dernier opus, tous les personnages seront donc de retour. En particulier Han Solo, dont l'acteur, Harrison Ford, n'était pas sur de revenir (c'est pur cela que son personnage se retrouvait congelé dans de la carbonite à la fin de L'Empire contre-attaque. Le scénario prend logiquement forme, avec le sauvetage des griffes de Jabba le Hut de son personnage, ce qui permettra non seulement de satisfaire les fans du contrebandier, mais en même temps de tourner l'une des séquences les plus marquants de toute la saga (l'antre de Jabba). George Lucas n'ayant toujours pas envie de retourner derrière la caméra, suite aux déboires qu'il a connu sur Star Wars épisode IV: un nouvel espoir, il lui faut trouver un réalisateur. Il pense tout d'abord à son ami Steven Spielberg, mais pour des questions légales (l'un appartient à la toute puissante Guilde des réalisateurs américains, l'autre non) cela ne peut se faire. Le producteur et seul maître à bord de la franchise pense alors à un autre grand nom, David Lynch, mais ce dernier refuse car il n'aura pas assez les mains libres, les univers des deux hommes sont trop éloignés. Le nom de David Cronenberg est envisagé, mais là encore cela ne se ferra pas. Ce sera donc le pratiquement inconnu Richard Marquand qui obtiendra le poste. Le film, avec ses 32 millions de $, est la plus grosse production de l'année 1983. C'est d'autant plus notable que, tout comme son prédécesseur, L'Empire contre-attaque, ce film est un film indépendant, puisque financé en dehors des studios hollywoodiens. ![]() ![]() Le film commence donc par le sauvetage du capitaine Han Solo des griffes de Jabba the Hut. Ce dernier était un personnage très attendu des fans, sous-jacent de toute l'histoire d'Han Solo depuis le premier épisode. Il méritait un traitement de faveur. Ce fut chose faite, en lui donnant l'apparence d'une sorte de limace géante, à la voix d'outre-tombe. Il fallait pas moins de 6 animateurs pour donner vie à cet énorme créature. Dans Star Wars épisode I: la menace fantôme, ainsi que dans la version retravaillée de Star Wars épisode IV: un nouvel espoir, Jabba sera animé numériquement, ce qui facilitera grandement le travail des spécialistes en effets spéciaux. Mais l'antre de Jabba ne se limite pas qu'au seul maître des lieux. Le repère du chef des contrebandiers est en effet loin d'être la seule créature présente. Le but avoué de George Lucas était de refaire la séquence de la cantina du premier film, mais en plus et mieux. Pari réussi. Il s'agit ni plus ni plus que de l'une des deux trois séquences les plus mémorables de toute la saga. Mais cette séquence est devenue mythique pour plus d'une raison. L'une d'entre elles en est la tenue de la princesse Leia (Carrie Fisher, devenue esclave de Jabba. L'actrice, trouvant que les quelques tenues qu'elle avait eue à porter dans les précédents films ne la mettaient pas en valeur a eu le droit dans ce film à un traitement de faveur, devenant pour toute une génération la pure représentation du fantasme féminin. Sa (petite) tenue de cuir et de métal, directement inspirée des dessins de Frazetta, avait beaucoup de mal à cacher le peu de choses qu'elle était sensé masquer, causant quelques petits problèmes sur le tournage. Après un second film qui abordait le sexe de façon très light (juste un baiser), le Retour du Jedi passa au stade supérieur. Mais tout reviendra à la normale dès la fin de la séquence. Cette première partie met en scène pour la première fois de toute la saga un Luke (toujours incarné par Mark Hamill) en pleine possession de ses pouvoirs de Jedi. La force de tout ce passage tient aussi grandement dans le plaisir que prend le spectateur à voir Luke affronter au sabre laser (ou au tibia dans le cas du Rancor) une armada d'adversaires. Etant donné que les deux héros Han Solo (Harrison Ford) et Luke (Mark Hamill) ne s'étaient pas croisés depuis la bataille de Huth au début de L'Empire contre-attaque, Han Solo n'est pas au courant que Luke est devenu Jedi, créant ainsi un quiproquo amusant. Le seul regret du producteur et scénariste George Lucas concerne la mort du chasseur de primes Bobba Fett. En effet, Lucas n'avait pas imaginé que le chasseur de primes aurait tant de succès auprès du public. Sa mort à la limite du burlesque a dérangé beaucoup de fans, au point que lors de la ressortie pour les 20 ans de la saga, il a failli retourner une scène où l'on voyait Bobba Fett resurgir du ventre de Sarlath. Finalement, cela ne fut pas fait. Il n'empêche que pour se rattraper, George Lucas le ferra revenir dans sa nouvelle saga, ainsi que son père, Jango, dans Star Wars épisode II: l'attaque des clones. Bobba Fett a même eu le droit à sa propre bande dessinée. Bobba Fett est mort! Vive Bobba Fett. ![]() ![]() Une fois l'épilogue terminé, il est possible de revenir au vif du sujet. Et il en reste des choses à régler. Tout d'abord, le lien de filiation entre Luke et Dark Vador. Le seul moyen de lever toute l'ambigüité est de faire dire par une personne tierce qu'en effet, Dark Vador n'avait pas menti. Ce sera à Yoda (Frank Oz) de se dévouer. La chose étant dite, on pouvait revenir au vif du sujet, à savoir le combat final entre les forces de l'Empire et les rebelles. Beaucoup de choses restaient à régler, il est temps que le tempo s'accélère. Après une petite présentation des événements à venir par les chefs de l'Alliance Rebelle, les héros doivent se séparer, chacun ayant une tâche bien précise, dans le film, mais surtout en rapport avec son histoire personnelle: ![]() ![]() ![]() Tandis que l'histoire gravite autour du personnage de Luke, l'action doit impérativement être divisée entre ces trois histoires. Comme tout film de Star Wars qui se respecte, il faut avoir de grandes scènes de combats spatiaux. Star Wars épisode IV: un nouvel espoir nous avait montré l'attaque de l'étoile de la mort par les rebelles. George Lucas était ennuyé à ce propos pour deux raisons. Tout d'abord le manque que moyens à l'époque l'avait empêché de montrer la bataille spatiale comme il la rêvait. Ensuite, il avait toujours imaginé la destruction de l'Etoile Noire comme le point final de la saga. Qu'à cela ne tienne, il n'y a qu'à faire intervenir la nouvelle Etoile de la Mort, impliquant un nombre encore plus grand de vaisseaux spatiaux (ce nombre sera encore augmenté lors de la version retravaillée pour les 20 ans de la saga). Les principaux héros étant occupés ailleurs, il est donc décidé de placer Lando Calrissian (Billy Dee Williams), l'ancien traitre redevenu meilleur ami d'Han Solo, à la tête de l'armada des rebelles. Le but est double; tout d'abord cela permet au spectateur de s'identifier aux événements en suivant un personnage connu de la saga, ensuite ce personnage est suffisamment mineur pour que son sacrifice soit envisageable, créant ainsi un minimum de suspens. Cette partie de l'histoire va suivre le cheminement narratif classique, à savoir une accumulation de problèmes (le nombre de vaisseaux ennemis, la présence du champ de force) avant une résolution de ces problèmes et une victoire. Cette partie permet surtout de mettre en avant les progrès technologiques et de créer une version encore plus hallucinante de la bataille de l'Etoile de la Mort de Star Wars épisode IV: un nouvel espoir. Un grand moment d'action. ![]() ![]() En parallèle à cette grande bataille spatiale, Leia (Carrie Fisher) et Han Solo (Harrison Ford), aidés de leur fidèle ami Chewbacca (Peter Mayhew), ainsi que des droïdes R2-D2 (Kenny Baker) et C3-PO (Anthony Daniels), se voient confiés la mission de détruire le générateur de champ de force protégeant l'Etoile de la Mort, celui-ci se trouvant sur la petite lune d'Endor. But scénaristique plausible, mais en fait cela cache autre chose. Il y a deux raisons cachées derrière cette mission commando. La première est de mettre ensemble les deux héros de la saga, Leia et Han Solo, afin qu'ils concluent leur histoire d'amour (d'un point de vue scénaristique). Rien de mieux qu'une bonne aventure pour régler une histoire d'amour. La seconde raison est le désir de George Lucas de voir l'Empire, symbole de la civilisation technologique, se faire battre par une civilisation de basse technologie, représentée par les ewoks. Il refera d'ailleurs exactement la même chose dans Star Wars épisode I: la menace fantôme, plus de 15 ans plus tard. Loin d'être un choix original, cette confrontation s'imprègne au contraire d'une longue ligne´e de romans (et de films aussi) traitant ce sujet. Le plus connu est évidemment le seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien, où les forces de Saruman (représentant le progrès scientifique) se font battre par les Ents (symbolisant l'amour de la nature). C'est la plus grosse faiblesse du Retour du Jedi, les ewoks étant souvent à la limite du ridicule. La faiblesse narrative des ewoks est cependant contrebalancée par des scènes magistrales, comme la poursuite en scooter volant à travers la forêt d'arbres géants, ou bien encore la bataille pour la prise du bastion contenant le générateur. A noter d'ailleurs que la princesse Leia est de loin la plus dangereuse de tous les pistoleros de la galaxie, car au travers des trois films de la saga, chaque tir qu'elle effectue porte. Il arrive à tous les autres de louper leur coup. Tout comme pour la bataille spatiale, la narration se déroule de façon très classique, avec accumulation de problèmes avant résolution et grande fête finale. Ici, même si les dangers sont nombreux, les héros de la saga sont trop importants pour être en danger, il n'y a pas de tension trop forte par rapport au destin des personnages. Mais ce passage reste un moment fort du film. ![]() ![]() Le gros morceau du film reste évidemment la confrontation entre le père et le fils. A cela s'ajoute l'arrivée de l'Empereur (Ian McDiarmid), qui vient semer la confusion dans les relations déjà complexe entre les deux hommes. Tandis que le spectateur sait pertinemment que les autres héros de la saga sont 'intouchables', rien n'est moins sur pour Luke, surtout si l'on se souvient qu'il s'est déjà fait amputer d'une main dans L'Empire contre-attaque. Le fait que Luke apparaisse habillé en noir dans le film est aussi un symbole visuel indiquant qu'il pourrait rejoindre le côté obscur, comme son père. Le fait qu'il se rende à lui montre d'ailleurs le rapprochement entre les deux hommes. Richard Marquand, avec l'aide du scénariste George Lucas, brouille encore plus les cartes en inversant le fonctionnement narratif de ce chapitre. En effet, alors que les autres parties commencent à voir la balance pencher dans le sens des héros, cette partie n'est qu'une continuelle descente aux enfers pour Luke, que l'on sent sur le point de perdre, soit en passant du côté obscur, soit en mourant. Aucun espoir n'est visible pour lui. La noirceur de ce passage est total, aussi bien visuellement (tout est noir, des costumes des personnages, au décor dans lequel ils évoluent, en passant par l'arrière plan, l'espace), que thématiquement (l'Empereur manipule tout le monde, Dark Vador y compris, Luke est tombé dans un piège, les rebelles aussi,...), que musicalement (le thème conçu par John Williams pour cette partie est d'une efficacité rare). La conclusion de ce chapitre est loin d'être évidente. Tout peut arriver. Y compris le Retour du Jedi annoncé par le titre. Bien entendu, il n'est pas question ici de Luke (qui ne peut être de retour, puisqu'il vient juste de finir sa formation de chevalier Jedi), mais bien d'Anakin Skywalker, l'homme derrière le masque de Dark Vador. En effet, alors que tout semble perdu, Dark Vador se retourne contre son maître et le tue, redevenant par la-même, au moment de sa mort, le chevalier Jedi qu'il fut auparavant. Le plus grand des méchant de l'histoire du cinéma est aussi le sauveur de la Galaxie. Une fin à la hauteur du personnage! Décidément peu chanceux avec son personnage, David Prowse n'aura pas joué une seule des scènes les plus importantes de son personnage, ayant été remplacé par le maître d'arme Bob Anderson dans toute la séquence finale. La raison en est que David Prowse avait trop de mal avec les scènes de combat au sabre laser, scènes qui avaient leur importance dans tout ce passage. De plus, David Prowse et Ian McDiarmid, qui jouent des personnages pourtant intimement liés, ne se sont jamais vus. Pour achever la malchance du pauvre David Prowse, lorsque Dark Vador enlève son masque à la toute fin du film, se n'est pas son visage que l'on voir, mais celui de Sebastian Shaw. Celui-ci aura aussi le droit à son lot de malchance, puisque son apparition sous les traits d'Anakin Skywalker sera effacée en 2004 par George Lucas, qui préféra mettre à sa place Hayden Christensen, interprète d'Anakin dans Star Wars épisode II: l'attaque des clones et Star Wars épisode III: la revanche des Sith. Dark Vador est véritablement un personnage maudit! ![]() ![]() Le film de Richard Marquand a divisé ses spectateurs à la sortie. D'un côté, on trouvait ceux qui pensaient avoir affaire à une digne conclusion à la saga commencé avec Star Wars épisode IV: un nouvel espoir. De l'autre ceux qui trouvaient le film trop enfantin, en particulier à cause des Ewoks. Sans doute les deux clans avaient-ils raison, surtout après un L'Empire contre-attaque indiscutablement plus adulte. Tandis que le temps passait, le mythe Star Wars prenait de l'ampleur, entraînant obligatoirement des mécontents parmi les fans. Force est de reconnaître, cependant, que le film remplit toutes le charges attendues: des effets spéciaux encore meilleurs, des combats au sabre laser de plus en plus spectaculaires, des histoires qui se concluent (la plupart du temps dans la joie). On a même le droit à un méchant ultime dont la mort arrive encore à transcender le personnage. Si vous avez aimé Le Retour du JEdi, vous aimerez aussi:
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![]() Richard Marquand, sous la tutelle du tout puissant George Lucas, nous livre une conclusion à la hauteur de cette fabuleuse saga qu'est Star Wars. Répondant aux attentes des fans (le retour d'Han Solo, Dark Vador est-il vraiment le père de Luke, le trio amoureux Luke/Leia/Han Solo, ...), la saga sa conclue de la plus glorieuse des façons, le bien triomphant sur le mal, avec à la clé la rédemption du flux grand méchant du cinéma, faisant de cette saga l'égale des plus grands histoires mythologiques. George Lucas conclue ainsi sa première trilogie sur un feu d'artifice (au propre comme au figuré), pour le plaisir des millions de spectateurs à travers le monde. Le mythe Star Wars ne fait que commencer. ![]() |