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Directors Guild of America |
catégorie |
Année | Gagnant
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meilleur réalisateur | 1960 | Alfred Hitchcock |
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Oscars |
catégorie |
Année | Nomination
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Meilleure direction artistique | 1960 | William A. Horning Robert F. Boyle, Merrill Pye, Henry Grace, Frank R. McKelvy |
Meilleur montage | 1960 | George Tomasini |
Meilleur scénario | 1960 | Ernest Lehman |
![]() Avant de s'appeler la mort aux trousses, le film du génial réalisateur britannique aurait pu se nommer ainsi, titre comique typique de l'humour du cinéaste, l'homme ayant toujours su habilement mêler humour et suspense. D'ailleurs, si tant de films aujourd'hui utilisent ce genre de stratagème (une pointe d'angoisse, puis une pointe d'humour pour faire retomber l'atmosphère, avant de replonger dans le vif su sujet) c'est bien grâce à Alfred Hitchcock. Même su ce n'est pas lui qui a inventé le principe (quoique...) il l'a si brillamment utilisé qu'il en est devenu le plus bel exemple. Même si la mort aux trousses n'est pas à proprement parlé angoissant (on est loin de l'ambiance de fin du monde de ce qui est sans doute son plus grand film, Les oiseaux), le suspense n'en est pas moins présent tout du long, rappelant parfois l'un autre de ses plus grands succès, les enchainés, déjà avec Cary Grant. Comme souvent chez Hitchcock le pourquoi importe peu, seul le comment est intéressant. Ainsi, il est question ici d'espionnage, de meurtres et de secrets vendus à l'ennemi, mais seulement en trame de fond. Quel secret? Quel ennemi? On n'en saura rien. On saura, et ce uniquement dans les dernières minutes, qu'il existe un microfilm que les services secrets veulent récupérer, mais son contenu n'a en soi aucune importance. Cette méthode, dite du MacGuffin, est réellement un des grands classiques du cinéaste. La mort aux trousses rappelle certains des précédents films du maître, des 39 marches, à Jeune et innocent, en passant par les enchainé. Et ce n'est pas un hasard. Le scénariste, Ernest Lehman, s'était donné comme but de faire de ce film le plus hitchcockiens de tous les films d'Hitchcock. Et la tâche n'était pas aisée, tant la filmographie du maître était déjà riche de chefs d'oeuvre. Le pari sera pourtant gagné, Lehman arrivant à faire la synthèse du style Hitchcock, sans jamais l'auto plagier. On retrouve donc dans son script une grande majorité des thèmes chers au maître : l'innocent poursuivi par la police à travers le pays, des espions à tous les coins de rue, une belle femme mystérieuse, du suspense, de l'action, et, bien entendu, de l'humour. ![]() Cary Grant est parfait dans son rôle, apportant son flegme et son charisme à cet homme pris pour un autre (autre qui n'existe même pas!), poursuivi par la police et de dangereux et mystérieux tueurs, et tombant sous le charme d'une belle blonde mystérieuse. On comprend aisément pourquoi l'acteur allait être envisagé pour incarner l'agent 007 à l'écran lorsque l'on voit sa prestation dans ce film. Et pourtant, il fut question pendant un temps d'un autre acteur pour incarner Roger O. Thornhill, un acteur lui aussi habitué à jouer pour le maître, James Stewart. Mais suite à l'échec commercial de leur précédente collaboration, sueurs froides, Hitchcock a préféré le remplacer par son autre star, Cary Grant. Tant mieux pour ce dernier, le film lui ayant finalement rapporté environ 800 000 $ de cachet (et à cette somme vient s'ajouter un pourcentage sur les recettes). Une très bonne opération, surtout pour l'époque. Pour jouer la belle et mystérieuse Eve Kendall, Les studios MGM cherchent à imposer Cyd Charisse, l'une de leurs protégées. Hitchcock, quand à lui, penche plutôt en faveur d'Eva Marie Saint, dont les précédentes prestations l'ont convaincu qu'elle avait les qualités requises. Le cinéaste tint bon, et Eva Marie Saint eut le rôle. Encore une fois, le cinéaste britannique a eu raison, l'actrice étant excellente, et correspondant tout à fait à l'image de la femme hitchcockienne: belle, blonde, intelligente, et pouvant facilement s'avèrer dangereuse. Pour le grand méchant de l'histoire, après avoir envisagé Yul Brunner, ce fut le grand James Mason qui obtint le rôle. Secondé par un Martin Landau encore débutant (mais pourtant déjà très remarquable), James Mason s'avére être un adversaire coriace et idéal pour un film hitchcockien. Le personnage de Leonard, incarné par Martin Landau, posa de nombreux problèmes. Décrit comme efféminé, les studios ne voulaient pas d'un personnage d'importance visiblement homosexuel (il faut se souvenir de l'époque). La censure eut d'ailleurs exactement la même réaction. Dans les deux cas, le rapport ambigu entre les deux méchants (James Mason et Martin Landau) n'était pas pour plaire aux censeurs, qu'ils soient internes aux studios ou externes. Suffisamment diffuses ces allusions n'ont cependant pas eu un impact très fort sur le final cut, le cinéaste ayant réussi à ne pas faire couper son film (seulement 5 secondes ont été supprimées au final). Ce n'était pas la première fois que le cinéaste glissait des allusions sur l'homosexualité de certains de ses personnages dans ses films (les deux voyageurs d'une femme disparaît en est l'exemple le plus évident). Le casting se poursuit ensuite avec un acteur habitué du cinéma hitchcockien, Leo G. Carroll, qui joue ici un membre éminent des services secrets américains. Il sert non seulement de guide à notre héros, mais aussi et surtout d'explication pour le spectateur qui risque de ne pas tout comprendre à cette histoire d'espionnage vaguement inspirée d'un fait réel (un faux espion inventé de toutes pièces au milieu du XXème siècle). Enfin, détail amusant, Jessie Royce Landis, qui joue la mère de Cary Grant, n'avait en réalité que sept ans de plus que l'acteur. Un petit peu comme Sean Connery qui se retrouve avec comme fils un Harrison Ford d'à peine 12 ans son cadet dans Indiana Jones et la dernière croisade. ![]() Le film cumule les scènes de bravoures, entre un meurtre à l'ONU, une poursuite en avion, une autre sur les mythiques figures du Mont Rushmore, et bien d'autres encore. Ce film a d'ailleurs l'honneur, si l'on peut dire, d'être à l'origine de deux des scènes les plus mythiques de toute la filmographie de l'auteur. La première, la tentative d'assassinat du héros (Cary Grant) par un petit avion, dans une grande plaine désertique a même inspiré une scène dans le deuxième opus des aventures de l'agent 007, Bons baisers de Russie. La seconde scène, la poursuite finale sur les statues présidentielles du Mont Rushmore, fait partie des passages les plus connus du Septième Art. Bien entendu, aussi bien pour l'ONU que pour le Mont Rushmore, Hitchcock n'a pas reçu l'autorisation de tourner sur place, la construction de ces deux décors ayant couté une petite fortune. D'ailleurs, dans le cas de la poursuite sur les hommes d'état, il a été interdit au cinéaste de montrer les protagonistes de son histoire sur le nez des présidents (comme le réalisateur le désirait), pour une question de respect des hommes d'état et du symbole qu'ils représentent. Une autre grande scène du film est le passage où les deux héros, Cary Grant et Eva Marie Saint se rencontrent, à savoir le voyage en train. L'amour du maître du suspense pour les locomotives est bien connu (pratiquement tous ses films montrent des trains, et ben souvent ces trains ont une importance dans le film, comme par exemple dans L'ombre d'un doute, ou bien encore dans une femme disparaît). Le train a d'ailleurs permis au cinéaste d'habillement contourné la censure. Celle-ci interdisait de montrer explicitement les deux héros au lit, alors qu'ils n'étaient pas mariés, lors de la toute dernière scène du film. En montrant le train s'engouffrant dans un tunnel, et ce sans rien montrer, le cinéaste nous fait bien comprendre ce qui se passe entre les deux adultes tout à fait consentants.... Le train aura d'ailleurs causé d'autres soucis de censure au cinéaste. La belle et aguicheuse Eve Kendall, lors de sa première rencontre avec Roger O Thornhill, lui glisse un explicite e "I never make love on an empty stomach" ("je ne fais jamais l'amour l'estomac vide"), qui sera post synchronisé en "I never discuss love on an empty stomach" ("je ne discute jamais d'amour l'estomac vide"), cart jugé trop explicite et osé. 50 ans plus tard les moeurs ont visiblement beaucoup évolué.... Si vous avez aimé La Mort aux trousses, vous aimerez aussi:
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La mort aux trousses fait partie des films les plus connus du maître du suspense, le grand
Alfred Hitchcock. Mettant en scène l'un des acteurs fétiches
du cinéaste, Cary Grant, le film se paie de luxe d'un casting de qualité
(James Mason, Eva Marie Saint, et un jeune Martin Landau). Il est aussi l'un des films les plus emblématiques de l'oeuvre
du réalisateur (pratiquement tous les thèmes chers à l'auteur sont présents).
La poursuite sur le Mont Rushmore est encore, 50 ans après sa sortie, dans toutes les mémoires de cinéphiles, tout comme l'attaque de l'avion tueur. Même si certains films de la filmographie d'Alfred Hitchcock sont sans conteste encore meilleurs (Psychose, Les oiseaux, Fenêtre sur cour), la mort aux trousses fait partie des plus grands films du maître, voir peut-être même du Septième Art. Pourquoi plus personne ne sait faire des films de cette qualité de nos jours? ![]() |