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Mirrors

Affiche du film

 


 

Titre original

Mirrors

Synopsis

Un ancien flic, forcé de démissionner de son travail après un accident ayant couté la vie de son associé, travaille à présent comme veilleur de nuit dans un grand magasin brûlé et abandonné. Seuls quelques miroirs ont survécu aux flammes. Il réalise que ceux-ci cachent un horrible secret qui le menace lui et sa famille.

Genre

Fantastique

Année de production

2008

U.S.A.

Date de sortie en France

10 septembre 2008

Réalisateur


Musique

Javier Navarrete

 
 

Casting

Acteur
Photo
Rôle
Kiefer Sutherland Ben Carson
Paula Patton
Paula Patton Amy Carson
Cameron Boyce
Cameron Boyce Michael Carson
Erica Gluck
Erica Gluck Daisy Carson
Amy Smart
Amy Smart Angela Carson
Mary Beth Peil Anna Esseker
John Shrapnel
John Shrapnel Lorenzo Sapelli
Jason Flemyng Larry Byrne
Julian Glover Robert Esseker
Josh Cole Gary Lewis
Ezra Buzzington Terrence Berry
William Meredith Le jeune docteur

 

 

Critique du Film

Note :
 
 
 
De l'autre côté du miroir

 
En 2006 le réalisateur français Alexandre Aja s'était emparé du classique de Wes Craven, la colline a des yeux, et en avait fait un remake musclé et énervé qui avait conquis les fans de genre, asseyant en à peine deux films (avec Haute tension) le jeune homme comme un des fers de lance du mouvement horrifique mondial. C'est donc logiquement qu'il se voit confié, toujours par les grands pontes d'Hollywood, une autre production en sortant de sa Colline. Et, toujours logiquement, cette nouvelle proposition d'être encore un remake, cette fois-ci d'un film coréen, Into the mirror (Kim Sung-ho, 2003).
Alexandre Aja, toujours accompagné de son fidèle collaborateur Grégory Levasseur, se plonge sur l'adaptation à la sauce américaine du film de Kim Sung-ho. Si le concept lui plait énormément (des esprits malfaisants frappant à travers les reflets des miroirs), le traitement coréen n'est pas à son goût, et les deux compères réécrivent totalement l'histoire. L'histoire sera "américanisée", et se concentrera sur le destin (tragique) d'un ancien policier reconverti en veilleur de nuit dans un centre commercial à l'abandon.
 
Kiefer Sutherland se mire dans Mirrors d'Alexandre Aja

 
Pour interpéter ce héros, Alexandre Aja a besoin d'une tête d'affiche, en gros d'un nom bankable. La présence d'un nom rassurant est malheureusement nécessaire à la majorité des productions américaines, sous peine de voir leur budget réduit, leur film non distribué, ou pire de voir la production tout simplement stoppée. Ainsi, George Lucas, encore pratiquement inconnu, a-t-il fait appel à son ami Francis Ford Coppola pour monter son American Graffiti, en le créditant de producteur. Eli Roth quand à lui s'est tourné vers Quentin Tarantino pour diffuser son Cabin Fever. De même pour Oren Peli et son Paranormal Activity (2009), dont la diffusion fut appuyée par le nom prestigieux de Steven Spielberg. Si dans le cas des cas précédemment cités il s'agit visiblement de prête-noms, pour Mirrors Alexandre Aja s'appuiera sur la star de la série 24 Heures chrono, Kiefer Sutherland, qui tiendra le premier rôle du film. Pour rappel, pour son précédent film, la Colline a des yeux, c'est bel et bien le nom de Wes Craven qui permit au film de se faire.
 
Cameron Boyce dans Mirrors d'Alexandre Aja

 
Les productions fantastiques peinent bien souvent du côté de leurs personnages, bien souvent caricaturaux (on pense à tous les slashers type Vendredi 13), ou pour être poli répondant à des archétypes (Cube par exemple). Rares sont les films à arriver à caractériser de façon intéressante leurs personnages (comme se fut par exemple le cas dans l'Exorciste). Et malheureusement, Mirrors ne fait pas partie de cette élite. Le personnage principal (Kiefer Sutherland), répond ainsi à tous les archétypes du policier marqué par la mort en mission d'un collègue ou d'un innocent (on pense aussi bien à Basic instinct, Narc, The Watcher, qu'au récent Otage). Dans la majorité des cas, le personnage, marqué par cette mort, s'est retiré du service actif le temps de soigner sa dépression (qui bien souvent s'accompagne d'une tombée dans l'alcoolisme), et il devra affronter ses démons pour vaincre les obstacles qui se présenteront à lui. Et Ben Carson se totalement correspondre à ces critères. Résultat, le personnage est d'un prévisible qui frise le navrant.
Seul bonne surprise de Mirrors, le couple que forme Ben Kiefer Sutherland et sa femme Amy (Paula Patton), est original (pour un film américain) en cela qu'il est mixte. La chose est suffisamment rare (on pourrait même dire rarissime) pour être signalée. Est-ce volontaire de la part d'un Alexandre Aja, originaire d'une France où la mixité raciale est mieux acceptée? Ou alors est-ce simplement du au fait que le réalisateur et l'actrice Paula Patton avait auparavant prévus de travailler ensemble sur 2ème sous-sol sans que cela ne puisse aboutir.... Peut-être un petit mélange des deux.
 
Mirrors d'Alexandre Aja

 
Si la majorité des films fantastiques se désintéressent de leurs personnages, c'est pour se concentrer sur les effets horrifiques et les effets spéciaux. Exactement ce que fait Mirrors. Alexandre Aja nous avait déjà prouvé son goût pour le gore et la violence (aussi bien dans Haute tension que dans la Colline a des yeux). Il remet le couvert avec Mirrors. Ainsi, le film débute par une scène d'égorgement plein écran à ne pas conseiller aux âmes sensibles. Et le cinéaste de surenchérir avec la fameuse scène de dislocation de mâchoire, là aussi en full-screen. Le tout ponctué de corps en cours de calcination, d'ongles arrachées et autres mutilations du plus bel effet. Pour un petit peu, nous pourrions être dans un torture porn à la Hostel!
De plus, le réalisateur rentre tout de suite dans le vif du sujet, en ne laissant planer aucun doute sur le côté surnaturel du film, puisque dès la première minute du film le fantastique est clairement affiché. Cependant, à l'inverse de la majorité des films américains, la totalité des clés permettant de comprendre les événements ne seront pas tous dévoilés, en particulier quand à l'origine ou l'identité des entités officiant ici. En cela, Mirrors accuse bien son origine asiatique, où la fantastique est rarement décortiqué, le spectateur se laissant absorber par l'ambiance, une ambiance qui risquerait de pâtir d'une analyse trop approfondie, trop cartésienne en quelque sorte. Une différence majeure entre le cinéma fantastique occidental et oriental, Mirrors ne sachant pas tout à fait de quel côté se ranger.
Du film ressort toutefois une forte ambiance dickienne, peut-être à l'insu du réalisateur. En effet, le père de Blade Runner, schizophrène à l'esprit fortement perturbé, a nourri son œuvre de ce rapport au miroir. La réalité est-elle celle où je pense vivre, où est-ce celle de l'autre côté du miroir? Philip K. Dick en personne crut pour un temps n'être que le reflet de la pensée de sa soeur jumelle morte en bas âge, en "réalité" vivante et regardant son frère décédé (et l'ignorant) dans un miroir. En cela, difficile de ne pas faire la rapprochement avec Mirrors.
 
Mirrors d'Alexandre Aja

 
Le film connut un démarrage laissant présager une carrière de très bonne facture (la première semaine, il était aux Etats-Unis quatrième au Box Office), avant de finalement, et ce dès la seconde semaine, voir ses entrées chuter de façon notable, ce qui laisse supposer un bouche à oreille plutôt mauvais. Le film finira sa carrière avec une recette de 30 millions de $ aux Etats-Unis, et 72 millions de $ au niveau mondial (pour un budget de 35 millions de $). Si au final, le film s'en sort financièrement, c'est grâce à des pays comme la France (où la film connut un succès supérieur à celui de la Colline a des yeux), l'Angleterre, le Mexique, Hong-Kong (gros succès dans l'ancienne enclave britannique), les Philippines, l'Espagne, la Russie, et même la Corée du Sud. Dans l'ensemble, les spectateurs sortirent plutôt déçus des salles. Il est vrai que ce film est plus marqué film du samedi soir que gros succès elle salle.
Une suite, Mirrors 2, scénarisé par Matt Venne (La Voix des morts, film qui partage il est vrai quelques points communs avec le film d'Alexandre Aja), et réalisé par Victor Garcia, a été tourné et connaitra une sortie en DTV en 2010, sans aucun membre du casting original.
De son côté Alexandre Aja enchaînera sur un nouveau remake, celui du Piranha de Joe Dante, nommé Piranha 3D.
 
Si vous avez aimé Mirrors, vous aimerez aussi:
 
  Film Pourquoi
La Colline a des yeux La Colline a des yeux Précédent film d'Alexandre Aja, qui a lancé la carrière du cinéaste aux Etats-Unis, et qui était déjà un remake
Mirrors 2 Mirrors 2 La suite du film d'Alexandre Aja, réalisé par Víctor García, en 2010
Into The Mirror Into The Mirror Le film coréen dont Mirrors est le remake, réalisé en 2003 par Kim Sung-ho
 
 
 


 

Conclusion

Mirrors, tourné dans la nouvelle Mecque du cinéma qu'est la Roumanie, a eu bien du mal à trouver son public. Reluquant à la fois du côté du film original coréen (Into the mirror), que du côté de films comme l'Exorciste ou encore La Voix des morts, le film d'Alexandre Aja a de quoi refroidir les spectateurs en attente d'un spectacle horrifique de la trempe de la Colline a des yeux.
Le film n'est sauvé que par la qualité de sa photographie, les décors (grandeur nature), et bien entendu les quelques scènes gore qui ponctuent le film.
 
Un film qui se laisse voir, mais qui a un goût quelque peu désagréable de déjà-vu.

 
Kiefer Sutherland dans Mirrors d'Alexandre Aja

 

 


 
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