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MTV Movie Awards |
Catégorie |
Année | Bénéficiaire
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Meilleure performance horrifique | 2006 | Rachel Nichols |
![]() Le fait divers du 14 novembre 1974, où Ronald DeFeo Jr assasinat au 112 Ocean Avenue à Amityville, sa famille entière, avait en son temps défrayé la chronique. Mais ce n'est rien comparé aux évènements qui sont censé s'être déroulés dans cette même demeure un an plus tard, lorsque la famille Lutz y emménagea. En effet, à en croire d'un côté les Lutz et de l'autre l'écrivain Jay Anson, de nombreuses manifestations surnaturelles, prouvant que la maison était hantée, vinrent effrayer les Lutz, au point de leur faire quitter leur demeure au bout de seulement 28 jours. En 1979, sort le film Amityville : La Maison du diable, réalisé par Stuart Rosenberg, un film dans la lignée de l'Exorciste, qui fait la part belle à la partie surnaturelle de l'histoire. Le film sera un succès mondial, deviendra culte, et donnera naissance à une franchise juteuse (huit films entre 1979 et 1996). En 2001, le réalisateur Michael Bay créé la compagnie de production Platinium Dunes, qui se spécialisera dans les remakes de classiques de l'horreur. La première production de la compagnie sera le Massacre à la tronçonneuse de Marcus Nispel, un film qui connaitra un succès notable, et qui lancera une machine qui comptera vite d'autres remakes (Hitcher, Vendredi 13, Les Griffes de la nuit). Amityville sera la second remake produit par la compagnie. ![]() Le film sera produit par la MGM, dont ce sera le dernier film en tant que studio indépendant, avant d'être racheté. Le studio annoncera baser ce remake sur de nouvelles informations relatives aux évènements s'étant déroulés dans la fameuse maison. Le vrai George Lutz se montrera à la fois très étonné et indigné car, étant le premier concerné par l'affaire, il aurait logiquement du entendre parler de cette enquête, et au moins avoir été consulté (surtout si, comme beaucoup le soupçonnent, l'histoire repose sur un canular monté de toutes pièces par le dit George Lutz). Résultat, George Lutz engagera une action en justice contre la MGM, en particulier concernant les droits du film. Ces questions de droits resteront non résolues, et ce jusqu'à la mort de Lutz, en 2006. Mais alors, quelles sont ces nouvelles informations censées éclairer sous un jour nouveau l'histoire d'Amityville? Et bien, non seulement pas grand chose, mais qui plus est des faits difficilement vérifiables et donc hautement sujets à caution (en fait, comme l'ensemble de l'histoire). En fait, il ne faut pas s'y tromper, il ne s'agit ni plus ni moins que d'un coup marketing. ![]() La réalisation du film est confiée à Andrew Douglas, qui signe ici son premier long métrage. Dans les premiers rôles sont engagés Ryan Reynolds (Un toit pour trois), jusqu'alors plutôt spécialisé dans les comédies, et Melissa George (Alias), qui obtient ici l'un de ses premiers rôles principaux au cinéma. Dans le rôle des enfants de la famille Lutz, on retrouve Jesse James, vu dans l'effet Papillon et dans Pearl Harbor (ce dernier étant réalisé par le producteur d'Amityville, Michael Bay); Chloe Moretz, qui connaitra suite à ce film une accélération de sa carrière (Kick-Ass et Laisse-moi entrer); et enfin Jimmy Bennett, qui, du Pôle Express de Robert Zemeckis à Firewall en passant par Otage, saura se rendre indispensable dans l'univers cinématographique hollywoodien. Dans des seconds rôles, on retrouvera l'omniprésent Philip Baker Hall (qui n'en est pas à son premier rôle de prêtre), et la très sexy Rachel Nichols (qui, comme Melissa George, est une transfuge de la série Alias). Un casting qui s'avère finalement d'une grande solidité, surtout que le couple Ryan Reynolds/Melissa George fonctionne extrêmement bien, aussi bien dans les moments de complicité que dans ceux de tension. ![]() Le problème majeur d'Amityville version 2005 tient en un seul nom: Andrew Douglas. Incapable de rendre sa maison inquiétante une seule seconde (et pourtant, elle a un potentiel gigantesque, cf. la version originale signée Stuart Rosenberg), le cinéaste se voit contraint à utiliser la solution de facilité: le jump scare. Fantôme apparaissant dans une glace, ou bien sautant au visage du héros, visage des êtres aimés se déformant, tout y passe. Et à chaque fois, le réalisateur de marteler son effet à base de son bruyants, qui forcément font sursauter, mais ne font jamais peur. La technique est tellement transparente que le spectateur ne peut que prendre du recul par rapport au film. Enfin, à trop en montrer, le cinéaste n'arrive qu'à une seule chose: banaliser le fantastique, là ou justement il faudrait faire monter la tension petit à petit, à l'exemple d'un film comme l'Exorciste, maître étalon du film diabolique. ![]() Le film, produit pour un budget très modeste (19 millions de $), a reporté au niveau mondial un total de 108 millions de $, une somme relativement importante pour ce genre de productions, et ce malgré un accueil plutôt glacial. En 2009, Dimension Films a annoncé voir mis en chantier un nouveau remake d'Amityville, la MGM étant toujours impliquée dans le projet. Un moyen de faire oublier ce film? Si vous avez aimé Amityville, vous aimerez aussi:
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Si la précédente production Platinium Dunes, Massacre à la tronçonneuse, arrivait à
donner le change (une histoire elle aussi vaguement inspirée d'une histoire véridique), ce n'est pas le cas de cet Amityville nouvelle génération. Si les acteurs
s'en sortent plutôt honorablement (Ryan Reynolds prouve qu'il est capable d'être inquiétant à souhait), la mise en scène est bien trop faible pour que le film
ne soit un tant soit peu plaisant à regarder. Andrew Douglas confond jump scare et terreur et, au lieu de se mesurer à son modèle, Amityville : La Maison du diable,
est plutôt comparable aux pires épisodes de la franchise (du genre Amityville 4).
Bon côté des choses, ce film aura permis à ses acteurs de tirer leur épingle du jeu, puisque pratiquement tous se sont fait un nom depuis, de Melissa George qui est apparue dans plusieurs productions horrifiques suite à cela (Paradise Lost, WΔZ, 30 jours de nuit, Triangle), à Chloe Moretz (la révélation de Kick-Ass), sans bien sur oublier Ryan Reynolds, devenu depuis un incontournable des films de super-héros (Blade Trinity, X-Men Origins: Wolverine, Green Lantern). ![]() |