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Academy of Science Fiction, Fantasy & Horror Films |
catégorie |
Année | Gagnant
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meilleur film de science-fiction | 2003 | |
meilleurs costumes | 2003 | Bob Ringwood |
meilleurs maquillages | 2003 | Michael Westmore |
meilleur acteur dans un second rôle | 2003 | Tom Hardy |
![]() Star Trek: Nemesis est tout de même le dixième film de la franchise Star Trek, franchise qui a débuté en 1966, et en 1979 sur grand écran. Cela fait donc 35 ans que les fans sont plongés dans les aventures des membres de Starfleet, et plus particulièrement des deux équipages les plus emblématiques de l'Enterprise, celui du capitaine Kirk (au cinéma les 7 premiers films), et celui du capitaine Jean-Luc Picard (des épisodes 7 à 10). Ce film met donc en scène l'équipage de l''Enterprise-E, avec aux commandes le capitaine Jean-Luc Picard (toujours incarné par Patrick Stewart), et tous les habitués de la série la nouvelle génération). Initialement, ce film n'était pas prévu, Star Trek Insurrection étant censé être le dernier. La raison: les contrats de tous les acteurs de la franchise s'arrêtait à l'épisode 9. Cependant, tous répondent présent lorsqu'un dernier tour de piste leur est proposé. Tous sans exception, puisqu'on retrouvera même des personnages secondaires venus faire une dernière apparition (en particulier Wil Wheaton et Whoopi Goldberg). ![]() Il est normal de finir la saga en beauté. Donc, il est très vite décidé de mettre l'Enterprise face à ses ennemis juré, à savoir les Romulans (leur autre ennemi juré, Q, avait clos en beauté la série T.V., il n'aurait pas forcément été avisé de le faire revenir). Jean-Luc Picard et ses amis ont déjà affronté maintes fois l'Empire Romulan, il faut donc quelque chose de plus. Trois bonnes idées vont alors ressortir. La première, sera de motiver l'intervention de l'Enterprise à cause d'un coup d'état à Romulus. Le second, sera de faire intervenir la planète soeur de Romulus, Remus, ainsi que ses habitants. Et la dernière sera l'identité du nouveau dirigeant de l'Empire. Ce dernier se révélera être non seulement humain, mais aussi et surtout un clone de Jean-Luc Picard. Tout d'un coup, le scénario prend une dimension nouvelle, où le capitaine devra faire face à lui-même, mais (bien évidemment) un lui-même tombé du côté obscur. Le personnage le plus emblématique de la série la nouvelle génération, en dehors du capitaine Picard, est bien entendu l'androïde Data (l'excellent Brent Spiner). Comme bien souvent, et dans la série, et dans les films, Data aura un rôle primordial dans l'histoire. Cette fois-ci, son rôle est même essentiel. Et pour cause, le scénario est en partie écrit par Brent Spiner lui-même, avec John Logan (le scénariste principal) et Rick Berman. Bizarrement, tandis que pour Star Trek Insurrection la tendance était de revenir à quelque chose de plus léger, plus proche de l'esprit original de la série créé par Gene Roddenberry, le scénario de Star Trek Nemesis est clairement sombre (aussi bien dans les couleurs que dans le fond d'ailleurs). ![]() Le scénario est sur le papier très bien conçu. Commençant par un mariage (celui de Deanna et de Riker), donc de façon on ne peut plus joyeuse; puis passant à la découverte d'un frère pour Data (joué dans les deux cas par le même acteur, Brent Spiner, qui aura, tout au long de la saga, incarné un nombre pour le moins important de personnages); montrant un capitaine Picard s'amusant, sans doute pour la première fois de la saga; avant de mettre ce même capitaine Picard face à un problème éthique et moral, son clone maléfique. A partir de là l'histoire se "noircit" de plus en plus, avec l'attaque de l'Enterprise dans l'espace -jamais les effets d'attaques au laser n'auront été aussi dévastateur dans toute la franchise Star Trek, rappelant presque un Starship Trooper où évoluait déjà Dina Meyer-, attaque dans laquelle le vaisseau spatial que plus personne ne présente se retrouve à la merci d'un ennemi qui semble presque invincible. Ce grand combat spatial est d'ailleurs l'occasion d'une impressionnante collision entre deux vaisseaux, l'une des plus impressionnantes jamais vues à l'écran. Puis arrive la confrontation finale, où une partie de l'univers Star Trek s'écroule, avec la mort de l'un des personnages principaux de la saga (une vraie mort, pas comme celle de Spock dans Star Trek II : La Colère de Khan). Le film, qui commençait donc par un mariage, se termine par un enterrement, d'autant plus efficace que parmi les fans de la franchise, personne ne pouvait s'attendre à cela. Pour les non aficionados (mais en existe-t-il pour regarder un film comme Star Trek Nemesis, le dixième de la franchise?), la scène reste dans tous les cas marquante, ce serait-ce que par sa soudaineté. Si avec cette histoire, les spectateurs ne comprennent pas qu'il s'agit véritablement du dernier film de la franchise mettant en scène l'équipage de la nouvelle génération... Entre un personnage (le docteur Crusher) qui est muté (pour de plus hautes responsabilités au sein de Starfleet, un autre qui devient capitaine de vaisseau (Riker), et un autre qui le suit (sa femme), plus un personnage qui meurt, il ne reste plus beaucoup de membres d'équipage dans l'Enterprise E à qui s'accrocher. Il faut dire qu'au bout de 15 ans de bons et loyaux services il est temps de passer à autre chose. ![]() Le film, sous des dehors de pur film d'action et d'aventures, a en fait des ambitions plus importantes (si tant est que divertir le public n'est pas en soit important, à l'instar de ce qu'a toujours défendu Alfred Hitchcock). Afin de marquer la fin d'une des pages les plus marquantes de la franchise Star Trek, et ce de façon plus réussie que celle de l'équipage du capitaine Kirk (les derniers épisodes les mettant en scène, en particulier Star Trek IV: Retour sur terre et Star Trek V: L'Ultime Frontière, sont quasiment unanimement considérés comme des navets), les scénaristes décident non seulement de traiter de sujet ambitieux (le rapport à soi-même en particulier), mais aussi de faire des références à toutes les précédentes séries de la franchise. Pour Star Trek Original il sera fait mention de la manoeuvre Kirk, pour Star Trek Deep Space 9 la guerre du dominion sera abordée, pour Star Trek Voyager se sera une apparition du héros de la saga, l'amiral Janeway (Kate Mulgrew), et pour Star Trek Enterprise se sera un vaisseau qui portera le nom du capitaine, l'USS Archer. Plutôt destiné aux fans, cela montre cependant le désir de respecter la franchise (contrairement à Star Trek: le film, paradoxalement le meilleur de la saga), et ce même (surtout?) si Stuart Baird, le réalisateur, ne connaît rien ou presque de l'univers Star Trek. Thématiquement, ce film aborde le sujet du regard que l'on porte sur soi-même, au travers du personnage du jumeau (un jumeau pour Data et un pour Jean-Luc Picard). Data se retrouve face à une première version de lui-même (tout comme Lore, son autre frère, s'avérait être une version postérieure, plus aboutie), reflet de ce qu'il était avant sa quête d'humanité. Une sort de Data idiot répondant au nom de IR en français (et B-4 en anglais). De son côté, Jean-Luc Picard se voit confronté à un clone de lui-même, Shinzon, clone devenu maléfique (par la force des choses?). En se questionnant sur le fait qu'il aurait pu devenir comme Shinzon dans des circonstances équivalentes, Jean-Luc Picard revient aussi sur l'être qu'il est devenu dans l'environnement de Starfleet, environnament que les spectateurs connaissent par coeur. Le destin des deux "couples, Data/B-4, et Jean-Luc Picard/Shinzon, va devenir intimement lié, au point de devenir le miroir l'un de l'autre, et ce jusqu'à la conclusion. Soit dit en passant, encore une fois dans la saga, aussi bien télévisée que cinématographique, les héros sont les personnages de Picard et de Data. ![]() Comme souvent dans les films de la franchise Star Trek, les seconds rôles sont confiés à des acteurs chevronnés, de préférence célèbres. Nemesis n'échappe pas à la règle. Si le grand méchant de l'histoire, Shinzon, est incarné par un acteur relativement peu connu, Tom Hardy, on retrouve, en tant que son bras droit, l'immense Ron Perlman, cependant difficilement reconnaissable sous son masque de Remian au look tout droit tiré de Nosferatu de Murnau (démarche absolument consciente et volontaire de la part des créatifs). Toujours du côté de l'Empire Romulan, Dina Meyer (Starship Trooper, Johnny Mnemonic, et bien sur Saw et ses suites) tient le rôle du commandant d'un Oiseau de Proie, les vaisseaux de guerre romulans. De façon assez amusante, elle jouait la même année dans une série, Les Anges de la nuit, nommée Birds of prey (dont la traduction est oiseau de proie). Même si ce film n'a pas de guest star oscarisés (comme ce fut le cas pour Star Trek Insurrection, et si l'on excepte le cameo de Whoopi Goldberg, déjà présente sur la série), le casting est peut être considéré comme luxueux. On retrouve même Jude Ciccolella, vedette du petit écran, et, dans un cameo rapide, le réalisateur Bryan Singer (Usual Suspect, X-Men). Peut-être même trop luxueux, car les acteurs principaux, Patrick Stewart et Brent Spiner ont du revoir leur salaire à la baisse pour permettre au film de se finir. ![]() Malgré des effets spéciaux de qualité (les CGI ont remplacés les maquettes pour les combats spatiaux depuis Star Trek Insurrection), le film a été un relatif échec. Et pourtant, tout le final du film est du jamais vu, et en particulier dans l'univers Star Trek. Le combat entre le Scimitar et l'Enterprise est un morceau de bravoure mettant la barre haut pour le prochain épisode. Avec un budget de 60 millions de $, et des revenus à peine supérieures (67 millions environ), ce film est le moins rentable de toute la franchise. Il faut dire qu'au moment de sa sortie en salle, il était en concurrence avec quelques une des plus grosses pointures du moment: Harry Potter et la chambre des secrets, meurs un autre jour, et surtout Les deux tours. Star Trek Nemesis n'était pas de poids pour lutter contre ses énormes productions hollywoodiennes. Le film fut d'ailleurs descendu en flèche par les critiques au moment de sa sortie. Mais même s'il n'est pas à mettre au niveau du chef d'oeuvre de Peter Jackson ou même de Star Wars épisode II: l'attaque des clones, sorti lui aussi en 2002, force est d'admettre que les films de la franchise Star Trek version Nouvelle génération ont atteint un niveau de qualité bien souvent absent des premiers opus de celle-ci. |