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![]() Alfred Hitchcock signe avec le faux coupable sa dernière réalisation pour Warner Bros, avant son retour pour Paramount Pictures. Cela n'empêche pas de retrouver à la musique le compositeur fétiche du cinéaste, Bernard Herrmann, qui signera ici l'un de ses scores les plus subtils de son répertoire, composée ainsi essentiellement par respect envers l'histoire. En effet, le faux coupable est tiré d'un récit, The True Story of Christopher Emmanuel Balestrero, de Maxwell Anderson (1953), lui même tiré d'une histoire vraie, celle d'un homme qui fut inculpé de plusieurs hold-up, des t´moins l'ayant identifié comme étant leur agresseur, alors qu'il s'agissait d'une méprise. Hitchcock trouva l'histoire passionnante (lui qui avait une peur bleue de la police et plus particulièrement de l'enfermement), et décida d'en faire un film. D'ailleurs, il décida, lui aussi par respect envers le drame, de ne pas faire son habituel cameo, et à la place apparaîtra au début du film en précisant le côté véridique de l'histoire (c'est d'ailleurs le seul film où l'on entend sa voix). ![]() Le réalisateur a tenu à respecter au maximum les faits réels, allant jusqu'à tourner une partie du film sur les lieux même du tournage, voir même faisant jouer de réels participants de l'affaire. Bien sur, Hitchcock ayant toujours préféré tourner en studio (dans un environnement où il pouvait tout maitriser), la majeure partie du film ne fut donc pas tournée à New-York, mais à Los Angeles, le savant montage d'Hitchcock permettant de tromper le public. De ce point de vue là, le film est un trompe-l'œil gigantesque, entre personnage fermant des portes inexistantes (technique utilisée aussi dans les oiseaux, pour la même raison de passage de tournage en extérieur à studio), jeu de perspectives (la cellule où se retrouve le personnage d'Henry Fonda, aux dimensions réduites, semblant de taille normale par l'utilisation d'un objectif filmant au travers d'une serrure), ... Comme si l'auteur nous disait qu'il ne faut pas croire ce que pensent voir nos yeux, à l'instar des témoins ayant accusé Manny d'un crime qu'il n'a pas commis. ![]() Dans le rôle du couple, on retrouve la star Henry Fonda et la talentueuse Vera Miles. Si Hitchcock et l'acteur signent ici leur seule collaboration, il n'en va pas de même avec Vera Miles. En effet, suite à l'arrêt de la carrière de l'égérie du maître, Grace Kelly, pour cause de mariage princier, le cinéaste avait jeté son dévolu artistique sur Vera Miles, signant avec le maître un contrat la liant durant cinq ans au cinéaste. Elle jouera ainsi dans un épisode de la série Alfred Hitchcock présente et aurait du avoir le rôle principal de Sueurs froides. Mais l'actrice tomba enceinte et fut remplacée par Kim Novak. Hitchcock lui en voudra tout le reste de sa vie, ce qui ne l'empêchera pas de la faire jouer dans Psychose. ![]() Si vous avez aimé Le Faux coupable, vous aimerez aussi:
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Alfred Hitchcock se frotte ici à un genre inhabituel pour lui, le biopic (pour biographic picture). Si le film ne manque pas de qualités -comme toujours chez le réalisateur de la mort aux trousses la technique est impeccable- il n'en reste pas moins qu'à vouloir trop respecter la réalité, le maître du suspense perd en route son cinéma, habituellement si prenant. Henry Fonda, en monsieur tout-le-monde est criant de vérité, et Vera Miles parfaite en femme abattue par les événements. ![]() |