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Oscars |
catégorie |
Année | Nomination
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Meilleure actrice dans un second rôle | 1948 | Ethel Barrymore |
![]() Avec Le procès Paradine, c'est un Alfred Hitchcock en grande forme qui s'impose au spectateur, qui, comme à son habitude, va jouer avec son audience au jeu du chat et la souris, en entraînant son histoire vers des sujets à priori classique pour mieux les détourner. Les exemples sont très nombreux; en voici quelques exemples montrant bien le mode de fonctionnement du cinéaste: ![]() ![]() ![]() Tous ces exemples (il y en d'autres) montrent bien que le réalisateur comprend parfaitement le fonctionnement du spectateur, et en particulier le spectateur habitué aux films policiers, faisant ainsi de son film un métrage à part, capable de surprendre les cinéphages, et ce même au bout de 60 ans. De plus, en choisissant de longuement placer son histoire et ses personnages avant de plonger dans le vif du sujet (le tribunal), Alfred Hitchcock met son audience en situation d'attention constante, chaque détail ayant forcement son importance dans le dénouement. Le réalisateur avait déjà utilisé le même principe pour son film Rebecca, quelques années auparavant, pour un résultat relativement identique en terme de suspens et de prise du spectateur à contre pied. ![]() Un point très important à noter dans le Procès Paradine est l'omnipuissante des femmes dans ce film. Tandis que les personnages principaux, possesseurs du pouvoir et de la maîtrise des événements, semblent être Maître Keane ( Gregory Peck) et le valet André Latour (Louis Jourdan), la vérité est toute autre: la clé de voute du film, véritable mégère tirant toutes les ficelles de la tragédie n'est autre que Mme Paradine (Alida Valli) qui, véritable mante religieuse dévorant ses males, détruit la vie de tous les hommes qui tombent amoureux d'elle (son mari -qu'elle assassine-, son amant -qu'elle pousse au suicide-, et son avocat -qu'elle brise totalement-). En opposition à ce monstre se trouve Mme Keane (Ann Todd), la femme de Maître Keane -trompée sans qu'il n'y ait eu passage à l'acte-, qui, grâce à son courage et son amour pour son mari, arrivera à sauver l'homme qu'elle aime de la déchéance dont il est incapable de se sortir. La brune contre la blonde, avec dans la rôle de la gentille la blonde (comme toujours chez Hitchcock, son penchant pour les belles blondes, de préférences froides, n'est plus à prouver). Confrontation de taille où personne ne sortira indemne. Le seul moment où l'homme semble prendre le dessus sur la femme dans le film est dans la cadre de leur métier. Et encore, la fin nous prouvera que là encore, rien n'est moins vrai. Maître Keane (Gregory Peck) se retrouve ainsi acculé par sa cliente à agir de façon totalement inconsidérée, l'entraînant dans sa chute, et la présence de sa femme (Ann Todd) à l'audience aura des conséquences néfastes sur la qualité de son travail et sur sa vie privée. ![]() Une belle leçon de cinéma offerte par le maître du suspens Hitchcock. Le film, en plus d'être une histoire de procès passionnante, délivre un message sur la femme et son pouvoir dans la société, pouvoir qui à l'époque, il faut s'en souvenir, était loin d'être évident. Ou quand une histoire de meurtre devient une grande histoire humaniste! ![]() Si vous avez aimé le procès Paradine, vous aimerez aussi:
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![]() Encore une preuve si besoin est qu'Alfred Hitchcock est l'un des tous meilleurs réalisateurs de l'histoire du cinéma. La maîtrise du suspens est encore une fois absolue, et le réalisateur arrive à faire sortir des sentiers battus ce qui semble être à première vue une banale histoire de tribunal, genre dont raffolent les américains. Les acteurs principaux (Gregory Peck, Alida Valli et Louis Jourdan en tête) sont très bons et arrivent à nous plonger dans un drame, le tout essentiellement grâce à des non dits et non à des actes. Du très grand art. ![]() |