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Le Procès Paradine

Affiche du film

 


 

Titre original

The Paradine case

Synopsis

Anthony Keane est chargé de la défense de Mme Paradine, accusée d'avoir tué son mari. Il tombe amoureux de sa cliente qui n'a aucun mal à le convaincre de son innocence. Cependant, peu avant l'ouverture du procès, Keane s'aperçoit que Mme Paradine était la maîtresse de son valet d'écurie...
 

Genre

Policier

Année de production

1948

U.S.A.

Date de sortie en France

21 Janvier 1949

Réalisateur


Musique

Franz Waxman
Paul Dessau

 
 

Casting

Acteur
Photo
Rôle
Gregory Peck Anthony Keane
Alida Valli
Alida Valli Maddalena Anna Paradine
Ann Todd
Ann Todd Gay Keane
Charles Laughton
Charles Laughton Lord Thomas Horfield
Charles Coburn
Charles Coburn Sir Simon Flaquer
Ethel Barrymore
Ethel Barrymore Lady Sophie Horfield
Louis Jourdan André Latour
Leo G. Carroll Sir Joseph
John Williams Collins
Patrick Aherne Sergent dfe police Leggett
Leonard Carey Le sténo à la cour
Lumsden Hare L'Attendant d'audience
Alfred Hitchcock un homme avec un sac

 

Nominations

Oscars Oscars
catégorie
Année
Nomination
Meilleure actrice dans un second rôle1948Ethel Barrymore

 

 

Critique du Film

Note :
 
 

 
Face à face entre l'avocat (Gregory Peck) et sa cliente (Alida Valli)

 
Avec Le procès Paradine, c'est un Alfred Hitchcock en grande forme qui s'impose au spectateur, qui, comme à son habitude, va jouer avec son audience au jeu du chat et la souris, en entraînant son histoire vers des sujets à priori classique pour mieux les détourner. Les exemples sont très nombreux; en voici quelques exemples montrant bien le mode de fonctionnement du cinéaste:
 le film commence sur Mme Paradine qui se fait arrêter par la police. A demi mot, et par habitude cinématographique, le spectateur pense comprendre les points suivants: Tout d'abord, Mme Paradine sera l'héroïne de l'histoire (surtout si l'on pense que le film porte son nom), ensuite, on imagine qu'après moult rebondissements elle va s'en sortir. Rien n'est moins vrai. En effet, même si le film tourne en effet autour du personnage incarné par la belle et mystérieuses Alida Valli elle n'est en aucune sorte l'héroïne du film. Enfin, et ce malgré ses manigances, elle ne s'en sortira pas, et finira pendue.
 le héros, avocat de la défense (excellent Gregory Peck), présenté comme le meilleur de la profession (un classique du cinéma américain, qui ne compte pratiquement que des "meilleurs de la profession"), est forcement vu comme un homme qui va devoir lutter dur pour faire éclater la vérité, et qui finira par avoir gain de cause. Renversement total de situation, le film verra l'homme non seulement cherché à embrouiller les pistes pour entraîner un innocent à la potence, mais aussi et surtout échouer lamentablement, le personnage principal étant le grand perdant de cette histoire.
 Le mystérieux valet (Louis Jourdan) devient évidemment très vite le suspect principal et coupable de la déchéance des Paradine. Encore une fois, le spectateur aura tout faux, car là encore André Latour, le valet, a été manipulé par la diabolique Mme Paradine.
Tous ces exemples (il y en d'autres) montrent bien que le réalisateur comprend parfaitement le fonctionnement du spectateur, et en particulier le spectateur habitué aux films policiers, faisant ainsi de son film un métrage à part, capable de surprendre les cinéphages, et ce même au bout de 60 ans. De plus, en choisissant de longuement placer son histoire et ses personnages avant de plonger dans le vif du sujet (le tribunal), Alfred Hitchcock met son audience en situation d'attention constante, chaque détail ayant forcement son importance dans le dénouement. Le réalisateur avait déjà utilisé le même principe pour son film Rebecca, quelques années auparavant, pour un résultat relativement identique en terme de suspens et de prise du spectateur à contre pied.
 
Un homme détruit (Gregory Peck) sauvé par ses amis

 
Un point très important à noter dans le Procès Paradine est l'omnipuissante des femmes dans ce film. Tandis que les personnages principaux, possesseurs du pouvoir et de la maîtrise des événements, semblent être Maître Keane ( Gregory Peck) et le valet André Latour (Louis Jourdan), la vérité est toute autre: la clé de voute du film, véritable mégère tirant toutes les ficelles de la tragédie n'est autre que Mme Paradine (Alida Valli) qui, véritable mante religieuse dévorant ses males, détruit la vie de tous les hommes qui tombent amoureux d'elle (son mari -qu'elle assassine-, son amant -qu'elle pousse au suicide-, et son avocat -qu'elle brise totalement-). En opposition à ce monstre se trouve Mme Keane (Ann Todd), la femme de Maître Keane -trompée sans qu'il n'y ait eu passage à l'acte-, qui, grâce à son courage et son amour pour son mari, arrivera à sauver l'homme qu'elle aime de la déchéance dont il est incapable de se sortir. La brune contre la blonde, avec dans la rôle de la gentille la blonde (comme toujours chez Hitchcock, son penchant pour les belles blondes, de préférences froides, n'est plus à prouver). Confrontation de taille où personne ne sortira indemne.
Le seul moment où l'homme semble prendre le dessus sur la femme dans le film est dans la cadre de leur métier. Et encore, la fin nous prouvera que là encore, rien n'est moins vrai. Maître Keane (Gregory Peck) se retrouve ainsi acculé par sa cliente à agir de façon totalement inconsidérée, l'entraînant dans sa chute, et la présence de sa femme (Ann Todd) à l'audience aura des conséquences néfastes sur la qualité de son travail et sur sa vie privée.
 
Le couple maudit: Alida Valli et Louis Jourdan

 
Une belle leçon de cinéma offerte par le maître du suspens Hitchcock. Le film, en plus d'être une histoire de procès passionnante, délivre un message sur la femme et son pouvoir dans la société, pouvoir qui à l'époque, il faut s'en souvenir, était loin d'être évident. Ou quand une histoire de meurtre devient une grande histoire humaniste!
 
Mme Paradine (Alida Valli), coupable ou innocente veuve?
 

 
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Conclusion


 
Le Procès Paradine, d'Alfred Hitchcock

 
Encore une preuve si besoin est qu'Alfred Hitchcock est l'un des tous meilleurs réalisateurs de l'histoire du cinéma. La maîtrise du suspens est encore une fois absolue, et le réalisateur arrive à faire sortir des sentiers battus ce qui semble être à première vue une banale histoire de tribunal, genre dont raffolent les américains.
Les acteurs principaux (Gregory Peck, Alida Valli et Louis Jourdan en tête) sont très bons et arrivent à nous plonger dans un drame, le tout essentiellement grâce à des non dits et non à des actes. Du très grand art.
 

 
Mr et Mme Keane (Gregory Peck et Ann Todd), un couple amoureux mais fragile

 

 


 
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