Rare sont les romans à avoir autant été portés à l'écran, avec pas moins de trois films (
un
par
Alfred Hitchcock en 1935, un autre par
Ralph Thomas en 1959, puis enfin un dernier par
Don Sharp
en 1978), une série T.V. (
Hannay, de 1988 à 1989) et un téléfilm (
les 39 marches, en 2008). Mais pourquoi un tel engouement pour ce récit,
certes plaisant, mais loin d'être inoubliable à priori. L'effet
Hitchcock y est pour beaucoup, aucun
doute là dessus, mais pas seulement. Le roman suit un héros, issu de la upper-class, mais pourtant très banal, faisant face à un danger disproportionné
(il est à la fois recherché par la police pour un meurtre qu'il n'a pas commis, et par les véritables meurtriers qui veulent le faire disparaître de peur qu'il
ne dévoile leur complot), et finissant pas déjouer un complot diabolique. L'homme seul (et innocent de surcroit), avait en effet tout pour attirer
Alfred Hitchcock, friand de ce type de personnages (de
Jeune et innocent à
La mort aux trousses en passant
par des films comme
La pente ou encore
La cinquième colonne, le
cinéma
hitchcockien est rempli de faux coupables). Hollywood se fera d'ailleurs une spécialité
de ces personnages héroïques malgré eux.
Mais en 1915, ce genre de personnages, en particulier dans le genre espionnage, était rarissime, et
John Buchan créait
avec Richard Hannay un nouveau stéréotype.
Les 39 marches connut d'ailleurs un succès notable, transformant la carrière littéraire de l'auteur, qui
fit de Hannay un personnage récurrent de ses oeuvres, avec cinq romans le mettant en scène.
Patriotisme, danger, ruse, trahison, en dehors de la femme fatale, tous les ingrédients sont présents dans
les 39 marches pour faire de ce récit un must du
genre. Must qu'il fut des années durant. Aujourd'hui, cependant, les attentes des lecteurs sont tout autre et l'histoire semblera trop légère, en tout cas dans son
traitement.
Replacé dans son contexte,
les 39 Marches de
John Buchan apparaît comme une très grande réussite
du genre, original et bien mené.