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De la littérature



 
De la littérature, au Livre de Poche

Auteur

Umberto Eco

 

Genre

Essai
 

Année de sortie

1985
 

Résumé

Nerval, Joyce, Borges, Wilde, Leopardi, Flaubert, Proust, Manzoni et les autres... Quand Eco fait sa littérature, quand il nous livre ses émois d'adolescent, ses curiosités de sémioticien, ses angoisses d'écrivain face à l'influence des maîtres, ses admirations d'aficionado - bref, son panorama littéraire -, on jubile devant tant d'intelligence du texte et d'amour des mots. Et quand, au dernier chapitre, il nous raconte ses premières armes de poète et romancier en herbe, révèle ses superstitions d'auteur, ses attentes ou ses craintes, on a le sentiment de pénétrer dans le jardin secret qu'il avait souvent évoqué sans jamais vraiment nous le dévoiler. Un régal !

 

Avis

Note :
 
De la littérature, chez Grasset Umberto Eco nous a habitué, nous autres simples lecteurs, à comprendre la complexité de la littérature, et de la lecture en particulier, et ce depuis des années. L'auteur du nom de la rose a toujours su manier l'humour de façon à faire passer des notions complexes à des non spécialistes. En gros, à travers de ces écrits, il a toujours su nous faire passer pour plus intelligent et érudit que nous le sommes réellement. Avec ce nouvel essai, Umberto Eco nous démontre malheureusement que ce n'était qu'une illusion, et que l'on ne peut pas se prétendre du jour au lendemain Lecteur, ce que l'auteur appelle quand à lui un lecteur de second niveau. En effet, s'il ne faut retenir qu'une chose de cet essai (pourtant très riche et dense), c'est que tout roman peut se lire à au moins deux niveaux: celui de l'histoire, ou le lecteur ne fait "que" suivre les événements narrées par l'auteur (et ce avec plus ou moins de talent); et celui, plus profond, qui concerne l'art de l'écriture, et qui met en jeu non seulement le style de l'auteur, mais aussi toutes les allusions et réflexions liées à l'utilisation de chaque mot. En un mot: la sémiotique.
Si tout le monde ne peut pas être sémioticien, certains, de par leur culture littéraire (en gros c'est comme pour tout, pour être un bon lecteur, il n'y a qu'une seule méthode: lire beaucoup) peuvent analyser plus ou moins en profondeur un livre, en comprenant que tel auteur, en tournant une phrase de telle façon, a en fait effectué un clin d'oeil pour happy few à tel autre auteur.
Loin d'être fastidieux, comme on pourrait le croire d'un tel sujet, de la littérature s'avère essentiel à qui veut comprendre (en partie tout du moins) comment fonctionne la création littéraire. Un essai à mettre en parallèle aux analyses d'Orson Scott Card, Comment écrire de la Fantasy et de la Science Fiction et Personnages et point de vue, qui abordent le même sujet. Le parallèle est d'autant plus vrai dans le dernier chapitre, où Umberto Eco analyse le genèse de ses romans, le nom de la rose, le pendule de Foucault, l'île du jour d'avant et Baudolino. Et l'auteur de nous prouver (et ce sans prétention aucune), pour ceux qui n'en avaient pas encore conscience, que ses romans sont d'une richesse et d'une profondeur rares.
Même s'il s'en défendrait souvent, Umberto Eco est sans doute l'un des auteurs italiens modernes les plus importants, autant à l'aise dans les romans que dans les essais les plus pointus.

 

 


 
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