Dans la peau d'un flic
Ce troisième opus ne fait pas suite au deuxième film, mais bien au
premier. Il faut dire que les scénaristes ne pensaient pas faire de préquelle
aux aventures de Yan et Lau, mais devant la pression....
La fin du premier film sert de pivot à ce dernier opus, revenant d'une par dans
le passé proche des deux adversaires (et permettant ainsi de faire revenir l'acteur
Tony Leung Chiu Wai), et d'autre part racontant les conséquences de la
fin tragique d'Infernal Affairs. La totalité du casting du premier film est donc
de retour (et pourtant, à la fin 'Infernal Affairs il n'en restait pratiquement
plus un seul de vivant). Ajoutons à cela une partie du casting du second
(Carina Lau en tête), et quelques nouvelles têtes (Daoming Chen et
Leon Lai), et le spectateur se retrouve dans ce troisième film face à casting luxueux (même si la majorité des acteurs
est totalement inconnue en occident, c'est loin d'être la cas en Chine, pratiquement tous les acteurs étant des stars de la musique en leur
pays).
L'histoire, reprenant les points forts de l'original, pêche cependant par manque de clarté, le même défaut que le
second film de la saga. Il faut dire que le scénario cherche volontairement
à brouiller les pistes et à emmener le spectateur vers de fausses conclusion, ce qui est plutôt dans le principe une bonne chose,
mais le mélange entre passé et présent, ajouté à une enquête compliquée à suivre, et à
la schizophrénie montante de Lau (Andy Lau), font de ce film un métrage vite
indigeste et difficile à suivre. On n'atteint cependant pas l'incompréhension du
second film de la saga, très difficile à suivre. Faute à un
scénario bâclé, sans doute par manque de temps, car le sujet avait un fort potentiel.
Le but premier de l'histoire est clairement de faire revenir sur le devant de la scène les deux principaux acteurs du premier,
Andy Lau et
Tony Leung Chiu Wai. Le premier sombre lentement dans une sorte de
schzophrénie, en cherchant à ressembler au flic incarné par le second et qu'il a tué à la fin du
premier film, allant même jusqu'à se rapprocher de la femme que le
défunt policier aimait, et toujours incarné par la très belle pop star
Kelly Chen. Cette partie est clairement un rajout, permettant à la jeune femme de
revenir.
Dans le cas du personnage de Yan/Tony Leung Chiu Wai, Infernal Affairs III
n'arrive pas à éviter l'incohérence par rapport au premier chapitre/
de la saga. En effet, toute la fin d'Infernal Affairs repose sur le fait que Yan se
retrouve dos au mur, toutes les preuves qu'il est un policier ayant disparues. On découvre maintenant que deux policiers le savaient, en plus
de Wong (Anthony Wong). La mort de Yan n'a donc plus aucun sens.
Les acteurs semblent en partie peu motivés par ce troisième opus. En particulier
Anthony Wong, qui avait vu son rôle prendre une importance capitale dans
Infernal Affairs II, et qui se voit maintenant rabaissé au rang de faire valoir.
Celui-ci a d'ailleurs failli ne pas signer pour cette suite, jugeant son rôle sans intérêt.
Eric Tsang, l'autre grand gagnant
d'Infernal Affairs II n'a pas eu les mêmes vélléités,
même si l'on sent un manque d'application dans son jeu d'acteur. Il faut dire que pour lui aussi, Infernal Affairs III n'est pas une mise en
valeur de ses qualités d'acteur.
En dehors Andy Lau et de
Tony Leung Chiu Wai, qui font donc ici leurs retours, la grande gagnante de la
distribution des rôles est Kelly Chen, qui passe d'une journée de tournage
dans Infernal Affairs (certes remarquée) à une véritable
participation, son personnage s'étoffant et prenant une place non négligeable dans ce dernier opus. Cela lui a permis de faire ses preuves en
tant qu'actrice, et de s'essayer à autre chose que la chanson, son véritable métier. Comme d'ailleurs pratiquement toutes les
personnalités du show-biz à Hong-Kong, le chant étant incontournable pour les icones chinoises.
La mega star de la chanson Carina Lau refait d'ailleurs surface dans le dernier opus,
au travers d'une rapide apparition.
Film prévu pour être (bien) vendu à l'international, Infernal Affairs III, bien plus que le
premier film de la franchise, n'évite pas le syndrome typique du cinéma
du la Chine nouvelle, à savoir une très forte dose de propagande. En effet, dans
Infernal Affairs II, film se déroulant pendant la période britannique,
la ville de Hong Kong était montrée comme une vieille ville, pratiquement à l'agonie, les couleurs étant toutes dans les tons
sombres; dans Infernal Affairs III, au contraire, le ville a connu un renouveau en devenant chinoise: Elle est maintenant moderne, pleine de
couleurs et surtout très lumineuse. On se croirait à Shanghai, ville ultra moderne fleuron de la Chine populaire.
La photographie est de très bonne qualité, comme sur l'ensemble de la franchise, ce qui met bien en valeur l'architecture de la ville, et,
bien entendu, la propagande sous-jacente au film.
Visiblement purement commercial, Infernal Affairs III arrive à grand peine à faire oublier le
premier film, véritable perle du genre. Bien au contraire, la faiblesse des deux
derniers opus aurait plutôt tendance à faire chuter vers le bas le pourtant très réussi
Infernal Affairs, premier du nom, des deux réalisateurs
Andrew Lau et Alan Mak.
Au final, la seule chose qu'arrivent à apporter les deux suites d'Infernal Affairs
se sont des incohérences. Dommage...
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