
Ce recueil de l'auteur du
nom de la rose fait partie, tout comme le plus récent
à reculons, comme une écrevisse des écrits à
caractère pamphlétaire et sociétaire du penseur (quoique l'on retrouve aussi ces points dans ses romans). Traitant de sujets aussi
divers que les musées américains, le football ou bien encore Thomas d'Aquin,
Umberto Eco nous plonge dans son univers cognitif, d'une érudition et d'une
réflexion qui forcent le respect.
Les sujets traités sont très divers, ce qui s'explique par le fait que cette édition française est en fait l'association de trois
recueils italiens,
Il costume di casa, de 1973,
Dalla periferia dell'impero, de 1977, et
Sette anni di desiderio, datant de 1983. Les
textes quand à eux s'étalent entre 1963 et 1983, et restent pourtant d'une actualité étonnante, plus de 25 ans après leur
écriture. Il faut dire que les sujets traités restent, encore aujourd'hui (voir parfois surtout aujourd'hui), des sujets brulants, ou en tout
cas centraux dans notre société (le rapport entre pouvoir et médias en particulier semble avoir été écrit de nos
jours).
L'une des plus grandes forces d'
Umberto Eco, aussi bien dans ses romans que dans ses
pamphlets, est de rendre abordable son érudition phénoménale. Le lecteur a ainsi l'impression d'être plus intelligent qu'il ne
l'est vraiment (ou en tout cas d'être plus cultivé qu'il ne l'est). Malgré la profondeur, et parfois la complexité, des
sujets traités, la lecture est toujours passionnante, pleine d'humour et de dérision
(
Umberto Eco et ses problèmes vestimentaires!), mais surtout toujours instructive.
Oui, on ressort toujours grandi de la lecture d'un écrit d'
Umberto Eco, sans aucun doute
l'un des plus brillants penseurs italiens (voir mondiaux) de son temps.
PS: le titre français est bien entendu un clin d'oeil de la traductrice au roman de
Rosny Aîsné,
la guerre du feu, et n'est
pas à mettre sur le compte de l'auteur, même s'il rend totalement l'esprit de l'essai.