
Mélange entre faits pseudo-réels (ou inspirés de faits réels) et pure fiction, ce roman laisse un goût
légèrement amer dans la bouche. Amer, car l'auteur,
Marc Dugain, se laisse
entraîner dans sa vision de l'URSS et de la Russie, ainsi que de ses dirigeants, au risque de transformer des personnages réels (Staline,
Poutine) en personnages de fiction. Amer aussi, de par le style littéraire utilisé par l'auteur, qui se regarde écrire (un fait
commun à nombre d'auteurs français, préférant la forme au fond).
Il est difficile de porter crédit aux faits racontés par ce roman, tant les faits décrits correspondent à l'image d'Epinal
que l'on a de la Russie et de ses dirigeants. Le lecteur a vraiment l'impression que l'auteur s'est amusé à décrire une Russie
fantasmé (enfin, plutôt cauchemardé) par l'Occident. En s'inspirant de faits réels (la catastrophe du sous-marin nucléaire
Koursk du 12 août 2000), et de personnages historiques, le lecteur peut penser à tort qu'il a affaire à un rapport des
événements qui ont mené à cette catastrophe. Il n'en est rien.
D'ailleurs l'usage que l'auteur fait de Staline dans son roman montre bien que c'est justement une fiction, tant le personnage décrit correspond
trait pour trait à l'image que l'on peut se faire d'un despote (il ressemble comme deux goutes d'eau au Mikal des
Maîtres chanteurs
d'
Orson Scott Card).
Tout n'est cependant pas à jeter, le roman se lisant rapidement et agréablement, une fois acceptées et comprises les règles du
jeu.
N'étant jamais mieux servi que par soi-même,
Marc Dugain adapte en 2010 son propre roman pour le cinéma,
avec dans les rôles principaux
André Dussollier et
Marina Hands.