Suite directe du
Trône de fer, puisque ce découpage est propre à
la version française, cette deuxième partie de cette longue saga est véritablement riche en rebondissement, et la
multiplication des personnages de points de vue, qui pouvait être déroutante dans le premier volume, prend ici tout son
intérêt, pour de multiples raisons.
Tout d'abord, d'un point de vue narratif, la situation se complexifie (elle était déjà pourtant loin d'être simple dans le
premier volume, ce qui est d'ailleurs le principal défaut que l'on peut
trouver à cette saga, la multiplication des personnages pouvant facilement noyer le lecteur); en effet, suite à la mort du roi Robert,
la guerre pour la succession du fameux trône de fer est déclarée, avec pas moins de 4 prétendants à la
souveraineté. En suivant des personnages des différentes parties, il devient difficile de deviner vers qui va non seulement la
préférence de l'auteur, mais aussi et surtout son histoire. Qui va gagner? Qui va mourrir? Bien malin le lecteur qui peut le déterminer. Surtout
que l'auteur n'hésite pas à tuer certains de ces personnages principaux, y compris des personnages de point de vue. Aucun personnage
n'est à l'abri dans ce cycle. Ainsi, l'un des personnages principaux du premier volume, qui pouvait être vu comme le véritable
héros de la saga, se fait tuer dans un chapitre extrêmement bien conçu, sans aucun doute le meilleur chapitre du roman,
l'épisode allant même jusqu'à laisser la doute sur la mort du personnage de point de vue que l'on suit à ce moment là,
personnage encore une fois dont la mort (si elle est avérée) est pour le moins surprenante, car totalement inattendue, l'auteur
ayant pris le temps depuis le premier volume de nous monter l'évolution de ce personnage. D'autres personnages importants vont aussi
disparaître dans ce volume, certains qui nous étaient présentés comme les grands méchants de demain. La grande force
de cette saga est justement qu'elle n'est pas prévisible, comme c'est souvent le cas, en particulier dans le fantasy.
Le côté fantasy est d'ailleurs assez léger dans cette saga, même si l'épisode commence par une grande scène de
fantasy pure, et se termine par une autre, préparant de grands changements dans le monde décrit par l'auteur. Quoique... On ne sait
jamais, les changements prévisibles ne se déroulant souvent pas chez
George RR Martin. En dehors de ces deux passages, indéniablement fantastiques, le
reste des événements se rapprochent plus d'une chronique d'aventures chevaleresques dans un monde pseudo réaliste. Cependant, ces deux
événements fantastiques n'ayant strictement rien à voir l'un avec l'autre, risquent fort d'être au centre des futurs
épisodes de la saga.
Après une première partie un peu longue à démarrer, dû en grande partie à la multitude de personnages à
présenter, la saga prend avec
le donjon rouge son envol vers ce qui s'annonce comme une saga majeure du genre (les épisodes
suivants le prouveront d'ailleurs).