Arto Paasilinna s'attaque une fois de plus aux petits défauts de ses concitoyens, et ce avec finesse mais piquant. Cette fois-ci,
c'est avant tout au rapport qu'ont les finlandais à al religion (mais cet état de fait s'étend en fait à tous les occidentaux). Si clairement, les finlandais
n'éprouvent plus le besoin d'aller à l'église, ce n'est pas par manque de foi, mais parce qu'ils n'ont rien à demander à dieu, la société occidentale
ayant apporté un confort tel que dieu n'a en fait plus sa place. Ou plutôt, un dieu absent n'a plus sa place. Résultat, il suffit de peu pour les détourner de leur
religion au profit d'un nouveau venu (fut-il venu du fin fond de leur histoire).
Arto Paasilinna, sans avoir l'air d'y toucher,
démontre avec efficacité le fonctionnement d'embrigadement des sectes, et, bien sur, des religions.
L'humour et le ton badin font passer le message, mais le fond est bel et bien là, et il est plutôt grinçant: l'être humain est prêt à croire à n'importe
quoi, du moment qu'il y ait du spectacle et du spectaculaire.
Arto Paasilinna en cela est très proche d'un
Terry Pratchett, qui
dénonce lui aussi les travers de notre société, au travers de ses
annales du Disque-Monde.
Que ceux qui ne connaissent pas
Arto Paasilinna (et ils sont nombreux, car en dehors de
Stieg Larsson, les auteurs venant du froid sont assez peu connus en France) se ruent sans hésiter sur son œuvre: elle est non
seulement distrayante mais aussi et surtout pleine de sens.