Orson Scott Card a décidemment passé beaucoup de temps sur sa saga d'Ender.
Entre la première saga (en quatre volumes), les nouvelles (un volume), et cette saga parallèle (de nouveaux quatre volumes), le moins
que l'on puisse dire c'est que l'auteur aura été au fond de son monde, et des idées et messages qui lui sont propre.
Dans ce dernier volume des aventures de Bean, le génie génétiquement modifié, jouant au Risk (ou à Civilization,
Orson Scott Card étant un grand fan de ce jeu vidéo, comme il l'a
déjà prouvé, et avoué avec son roman
La Rédemption de Christophe Colomb) avec le Monde, dans le seul
but de la sauver, face à la mégalomanie galopante des anciens de l'école de guerre, se retrouve obligé de rechercher ses
enfants, dont les embryons ont été secrètement implantés dans le ventre de mères porteuses par son ennemi
désormais mort, Achille Flandres. Le temps presse pour le Géant, car son anomalie génétique le tue à petit feu.
Bean, aidé de sa femme Petra, et de l'hégémon Peter Wiggins, frère ainé d'Ender, aura donc tu pain sur la planche dans
cet épisode, conclusion du cycle de l'Ombre, qui se paiera même le luxe de se raccrocher au Cycle d'Ender sur la toute fin, bouclant la
boucle de cette longue saga, où tout le génie de l'auteur apparaît au fil des nombreuses pages.
Comme toujours chez
Card, certains thèmes récurrents sont présents dans
ce volume, comme:

l'enfant (ici tous les principaux protagonistes de l'histoire sont des jeunes adolescents) face à
la dure réalité du monde, et finalement sauveur de l'humanité. Le symbole des enfants, garants du futur de l'homme n'a jamais
été aussi évident que dans tout le Cycle d'Ender.

le rapport entre la religion et ce qu'en fait l'homme, et ce quelle que soit cette religion. Ici, ni les
musulmans, ni les hindouistes, ni les catholiques (à un niveau moindre cependant) ne sont épargnés. L'auteur, profondément religieux,
n'égratigne jamais la religion en tant que telle, mais bien ce qu'en font les hommes.

Toujours sur le thèmes des enfants, et comme bon mormon qu'il est,
Orson Scott Card porte une attention particulière sur la multiplication des enfants,
et après un Monde où la restriction du nombre des enfants était en vigueur (à cause de la surpopulation), dans ce dernier
épisode, ce problème majeur pour l'auteur est levé, avec la possibilité de partir pour les communautés spatiales.
Chacun est donc maintenant libre de se multiplier à l'envie. Ainsi, Petra finira avec pas moins de 9 enfants.

L'amour de l'auteur pour le Brésil est encore une fois abordé dans son roman. En effet,
Orson Scott Card a été missionnaire dans ce pays et en gardé un
souvenir chargé d'affection. Dans
l'Ombre du géant, le Brésil deviendra le pays d'où partira la Constitution des
Peuples Libres.
Comme souvent chez l'auteur, les fins de sagas sont difficiles.
L'Ombre du géant ne fait pas exception à la règle. Tout comme
les enfants de l'esprit, fin du
cycle d'Ender, ou bien encore
les terriens, dernier tome du
cycle de la Terre des origines,
sans parler du
Cycle d'Alvin le Faiseur auquel l'auteur ne trouve pas de fin satisfaisante,
le cycle de l'Ombre a beaucoup de mal à
se terminer. Heureusement que l'auteur possède un réel talent de conteur, permettant de masquer les faiblesses scénaristiques de
cette fin de cycle.
Malgré ces quelques défauts, le
cycle de l'Ombre reste comme l'une des meilleures sagas de Science Fiction de notre époque.